La FIJ exige que les médias prennent leur responsabilité suite au récent décès de journalistes en Afghanistan et alors que 90 d'entre eux ont déjà perdu la vie

La Fédération internationale des journalistes exhorte les journalistes et les organisations de médias à éviter les reportages sur la ligne de front en dehors de toute sécurité, et de s'abstenir de voyager en Afghanistan sans protection après la mort de quatre journalistes dans une embuscade sur une route près de Kabul - ce qui amène à 7 le nombre de journalistes tués en Afghanistan.


" Une bonne part de l'Afghanistan est tombée sous le joug de bandits et des centaines de reporters sont en danger ", affirme Aidan White, le secrétaire général de la FIJ, l'organisation regroupant le plus grand nombre de journalistes à travers le monde, " il est franchement téméraire de la part de reporters de s'engager sur des territoires démunis de toutes mesures de protection militaire ".


Ces paroles ont été émises à la suite de la mort du caméraman australien de l'Agence Reuters, Harry Burton, et de Azizullah Haidari, photographe afghan. De plus, Maria Grazia Cutuli du quotidien italien Corriere della Sera de Milan et Julio Fuentes du quotidien madrilène El Mundo, étaient impliqués dans l'événement dramatique. L'identité d'une cinquième personne demeure toujours inconnue.


La FIJ affirme que 2001 s'annonce comme l'une des pires années en terme de prix à payer pour les journalistes, avec environ 90 cas de morts de personnel des médias toujours soumis à investigation.


" Les journalistes doivent être extrêmement prudents et s'assurer d'une couverture suffisante lorsqu'ils se déplacent dans la région, car même sous la protection de gardes armés les risques sont toujours présents du fait de la nature irrégulière des forces en présence sur le terrain ", précise Aidan White. La FIJ déclare que les organisations de médias doivent cesser de mettre sous pression les reporters afin qu'ils rapportent de l'information toujours plus dramatique sur le conflit afghan. " Combien de reporters devront payer de leurs vies, avant que nous ne comprenions que la sécurité doit toujours prendre le pas sur l'information, insiste Aidan White.


Dû à l'évolution fulgurante de la situation sur le terrain et avec la présence de plus de 1000 journalistes et personnel des médias travaillant dans la région, la FIJ avertit qu'inévitablement certaines personnes seront exposées aux risques, " mais les organisations de médias doivent minimiser ces risques. Il faut, avant tout, qu'elles veillent à ce que cette recherche compétitive de l'information ne se fasse pas au détriment de la sécurité de leur personnel. "


La FIJ répète que toutes les organisations de médias doivent adhérer aux codes de la profession en matière de sécurité et elle condamne celles qui ne le font pas. " Les organisations de médias qui n'appliquent pas ces réserves à l'exercice du métier, qui néglige la formation de son personnel en matière de sécurité et qui le pousse sans ménagement vers davantage d'informations en direct et davantage d'images à caractère sensationnel doivent en assumer pleinement les conséquences tragiques ", déclare Aidan White. " Il n'est pas naïf ni irréaliste d'exiger en priorité une politique de la sécurité en Afghanistan, celle-ci étant la seule réponse équilibrée à toute l'horreur des morts des derniers jours ".


Le convoi s'était ébranlé sans la protection habituelle d'un garde armé. Le territoire où l'incident s'est produit est considéré comme une région sauvage dénuée de tout contrôle.


Trois reporters occidentaux furent tués il y a une semaine dans le Nord-Est de l'Afghanistan lorsque les Forces talibanes tendirent une embuscade aux combattants de l'Opposition de l'Alliance du Nord. Les reporters français de Radio France Internationale, Johanne Sutton, Pierre Billaud de RTL et le journaliste allemand Volker Handloik, freelance au magazine Stern, étaient montés sur le toit d'un char lorsqu'ils ont été la cible de coups de feu.