La FIJ exhorte les autorités du Somaliland a proteger les journalistes fuyant la violence a Mogadiscio

La Fédération Internationale des journalistes (FIJ), a exhorté aujourd'hui les autorités du Somaliland à revenir sur leur décision d'expulser 24 journalistes, qui ont fui la violence à Mogadiscio, sur des allégations selon lesquelles ils mettent en danger la « sécurité et la stabilité » de la région.


« Avant cet incident, le Somaliland avait la réputation d'être un endroit qui offrirait la sécurité aux journalistes qui sont harcelés et menacés en Somalie, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Cette décision est un grand pas en arrière pour le Somaliland et nous appelons les autorités à retirer cette décision malheureuse. »


Cet ordre d'expulser les journalistes menacés, arrive au moment où le Comité National de Sécurité de Somalie, un organisme du Gouvernement Fédéral de Transition (TFG), restreint la couverture par les médias du conflit entre le gouvernement et les insurgés islamistes.


Tôt le lundi le chef de la police du Somaliland Général Mohammed Saqadhi Dubad et le chef du Département des enquêtes criminelles (CID) Général Ahmed Ali Shabel se sont rendus dans une maison dans la ville de Hargeisa, où 24 journalistes de Mogadiscio vivent et leur ont ordonné de quitter le Somaliland dans les 24 Heures. Selon le Syndicat National Des Journalistes Somaliens (NUSOJ), le Somaliland a accusé les journalistes de mettre en danger la « sécurité et la stabilité du Somaliland. »


Le chef de la police a dit aux journalistes que les autorités les traduiront devant les tribunaux s'ils ne respectent pas cet ordre.


« Il est vraiment scandaleux de dire que ces journalistes qui cherchaient une protection mettent en danger la sécurité et la stabilité du Somaliland, et nous attestons qu'ils ne l'ont pas fait ou n’ont pas l'intention de faire quoi que ce soit qui puisse mettre en danger la sécurité et la stabilité du Somaliland, » a déclaré Omar Faruk Osman, Secrétaire général du NUSOJ.


NUSOJ en collaboration avec l'Association des Journalistes du Somaliland a établi une maison à Hargeisa pour offrir un refuge à des journalistes qui fuyaient les combats à Mogadishu.


Cette année a été extrêmement dangereuse pour les journalistes somaliens. Sept journalistes et professionnels des médias ont été tués en Somalie cette année seulement, quatre d'entre eux à Mogadiscio. D'autres ont été arrêtés, torturés et menacés. Trois institutions des médias sont toujours fermées, un mois après leur fermeture par les autorités.


La FIJ craint que les nouvelles restrictions contre les médias rendent encore plus dangereux pour les journalistes de travailler à Mogadishu. Le décret du TFG affirme qu'aucun journaliste ou station de radio à Mogadiscio ne peut faire de reportage sur les opérations militaires à Mogadiscio. Il est de même interdit aux journalistes d'interviewer les dirigeants des tribunaux islamiques ou les dirigeants de l'opposition. L'interdiction s'applique à tous les médias somaliens, ainsi que les journalistes étrangers qui se trouvent dans le pays.


La FIJ appelle instamment le Gouvernement Fédéral de Transition de lever immédiatement l'interdiction.


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