La FIJ exhorte le Zimbabwe à arrêter « d’étouffer » le journalisme indépendant

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a exhorté aujourd'hui le gouvernement du Zimbabwe à mettre fin à la répression continue des médias suite à l’augmentation des attaques sur des professionnels des médias et à la mise en vigueur d’une loi draconienne sur la communication qui pourrait mener à la surveillance des communications des journalistes.


Les attaques ont été aussi bien sur des médias locaux et qu’étrangers.


Le 3 septembre Shinji Ito un journaliste du bureau de l'Afrique du Sud de l'agence de presse japonaise de Kyodo a été arrêté, détenu, et interrogé pendant trois heures par la police Zimbabwéenne après qu'il a été vu en train de prendre des photographies dans la capitale Harare. Ito photographiait des personnes faisant la queue pour acheter des produits de première nécessité, qui sont difficiles à obtenir. Quand il a été libéré, les officiers de police l'ont mis en garde de ne plus prendre de telles photos. Ito a été accrédité par, la Commission des médias et de l'information, désignée par le gouvernement, et il avait une carte de presse temporaire.


« Nous sommes très préoccupés par cette dernière vague d’attaques dans l'impunité totale contre des journalistes au Zimbabwe, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ.


Le 3 août le Président Robert Mugabe du Zimbabwe a promulgué la loi sur l'interception des communications qui permet au gouvernement « de surveiller et d’intercepter certaines communications lors de leur transmission par le biais des services des télécommunications, des postes ou n'importe quel autre système lié. »


« Cette loi est une très grave et inacceptable violation de la liberté d'expression. Avec toutes ces attaques impunies et cette loi draconienne les autorités zimbabwéennes étouffent le journalisme indépendant dans le pays, » a dit Gabriel Baglo.


Le Syndicat des Journalistes Zimbabwéens (ZUJ) estime que les journalistes sont parmi les premiers visés par la loi sur l'interception des communications.


« Beaucoup de journalistes dont les organes de presse ont été fermés font maintenant des piges pour des stations de radio basées sur Internet ou à l’étranger car ils ne connaissent aucun autre métier. Ils utilisent naturellement l'Internet ou le téléphone pour travailler, » a dit Foster Dongozi, Secrétaire Général du ZUJ et membre du Bureau Exécutif de le FIJ.


Le 23 août Godfrey Mutimba, un journaliste du seul journal indépendant restant, The Standard, a été détenu pendant quatre heures par des militants du parti au pouvoir le Zanu PF, pour avoir couvert la cérémonie de commémoration en l’honneur d’un dirigeant de l’opposition mort récemment. Selon des sources locales, les officiers de police qui étaient dans le secteur n'ont rien fait pour aider Mutimba. Le journaliste a été libéré uniquement après l'intervention de dirigeants du Zanu PF.


Le 1er août Tsvangirai Mukwazhi, un photojournaliste freelance a été giflé et insulté par l'épouse du Commandant des Forces de Défense du Zimbabwe, Jocelyn Chiwenga. L'épouse du Général n'était pas heureuse que Mukwazhi ait couvert une activité de l’opposition et l’a accusé d'être « un vendu ». Le reporter faisait partie d'un groupe de journalistes qui couvraient une série de visites du chef de l’opposition Morgan Tsvangirai dans des supermarchés pour évaluer l'impact de la campagne sur la baisse des prix. Une semaine plus tard, la Commission des médias et de l'information a lancé une procédure pour annuler l'accréditation de Mukwazhi pour prétendument ne pas avoir révélé tous les organes de presse pour lesquels il travaille lorsqu’il soumettait sa demande.


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