La FIJ dit que la Gambie « n’a rien appris » 3 ans après l’assassinat de Deyda Hydara

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd'hui les pressions et les attaques contre les médias en Gambie qui augmentent en dépit de trois années de campagne internationale pour la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et la justice dans le meurtre de l'éminent journaliste Deyda Hydara.


« Nous sommes profondément indignés que le Président Yahya Jammeh n'a tiré aucune leçon de l'assassinat de Deyda, » a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « La mobilisation internationale pour traduire les meurtriers de Deyda devant la justice n'a malheureusement pas arrêté les attaques sur la liberté de la presse. »


En 2007, trois journalistes, Yaya Dampha, Modou Lamin Jaiteh et Sherif Bojang Jr, ont fui le pays en raison de craintes pour leur sécurité. Au moins trois autres personnes ont été arrêtées par les autorités qui étaient mécontentes de leur travail. Tous trois ont été relâchés par la suite.


Deux journalistes sont confrontés à de « longs et absurdes » procès sur des charges découlant d’articles qu'ils ont publiés qui étaient critiques au gouvernement. Fatou Jaw Manneh, une journaliste gambienne basée aux Etats Unis, est maintenue à Banjul pour un procès pour sédition depuis le mois d'avril de cette année.


L'autre journaliste, Lamin Fatty, a passé deux mois en prison en 2006 et est en procès depuis le mois de juin de la même année pour avoir publié de « fausses informations ».


« Ces interminables procès sont une nouvelle tactique utilisée par les autorités gambiennes pour intimider et briser le moral de nos collègues, » a dit Gabriel Baglo.


Un autre journaliste Ebrima Chief Manneh, est porté disparu depuis juillet 2006. Des sources ont dit à la FIJ qu'il a été tué en prison cette année.

Deux jours avant le troisième anniversaire du brutal meurtre de Deyda Hydara, qui est devenu le symbole de l'absence de liberté de la presse en Gambie, la FIJ a demandé au régime du Président Jammeh de mettre fin à sa « répression effrénée contre les médias ».


La FIJ a également appelé à une enquête indépendante sur le meurtre de Hydara.


Hydara, le rédacteur en chef et copropriétaire du journal privé The Point, a été abattu le 16 décembre 2004 alors qu'il allait déposer deux de ses collègues. Il était également le correspondant de l'AFP en Gambie et était très critique à l'égard de la répressive loi sur les médias plus spécialement le Projet de loi sur la commission des médias, que lui et certains de ses collègues ont attaqué devant les tribunaux.


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