La FIJ demande que le Sommet Mondial de Tunis sur la Société de l’Information porte sur les droits des travailleurs et la liberté des médias

Le Sommet Mondial sur la Société de l’Information, prévu à Tunis à la fin de l’année prochaine, pourrait s’avérer l’un des événements organisés sous l’égide des Nations Unies les plus décevants de ces dernières années, a prévenu la Fédération Internationale des Journalistes. Les gouvernements doivent cesser de se limiter à promettre d’aider les nations les plus pauvres et doivent défendre les droits fondamentaux, a déclaré un représentant de la FIJ lors d’une conférence de presse importante organisée à Marrakech, au Maroc.


Dans son discours d’ouverture de la conférence, Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ, a demandé qu’un appui soit fourni aux pays africains et arabes, parmi les premières victimes du “déficit numérique” qui détermine les gagnants et les perdants dans la course à la technologie de l’information. Aidan White a également appelé les gouvernements à se départir de leur obsession de la technologie et à s’atteler à utiliser la Société de l’Information pour protéger le droit des travailleurs et étendre les frontières de la liberté d’expression.


“Certains gouvernements pensent que la Société de l’Information ne repose que sur une structure et de l’équipement technique,” a-t-il déclaré. “Ils se trompent. Nous devons utiliser la technologie avec sagesse afin de libérer le peuple du joug de la censure et de l’ignorance et d’instaurer de meilleures conditions de vie et de travail pour tous. Si nous n’y parvenons pas, la Société de l’Information sera très affaiblie.”


Un peu plus tôt, durant la cérémonie d’ouverture, White a félicité le gouvernement marocain pour “avoir établi des normes en matière de liberté d’expression qui sont un modèle pour les autres pays de la région”. Il s’avère, en effet, que le gouvernement tunisien qui accueillera le Sommet l’année prochaine a, pour sa part, tenté de forcer les organisateurs à empêcher Sihem Bensedrine, journaliste et dissident tunisien notoire, de prendre la parole.


Aidan White a expliqué que cela est l’exemple même de la manière dont la censure et les attaques à la liberté de la presse entachent le Sommet mais il a confirmé que la FIJ ne boycotterait pas la réunion à Tunis. Certains groupes de défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression ont menacé de boycotter la réunion afin d’exprimer leur frustration de voir un pays si peu enclin à la liberté d’expression accueillir la seconde phase du Sommet qui s’est ouvert à Genève en décembre de l’année dernière.


“Nous irons à Tunis afin d’exprimer notre solidarité envers les journalistes tunisiens et nous questionnerons le gouvernement tunisien qui affiche un palmarès si déplorable”, a déclaré White.


La réunion de Marrakech, soutenue par l’UNESCO, le gouvernement marocain et le groupe ORBICOM basé à Montréal, prendra fin aujourd’hui par un appel à de nouvelles actions susceptibles de garantir que l’agenda et la discussion prévus pour l’année prochaine soient respectés. Selon la FIJ, la liberté d’expression, le droit des travailleurs et la nécessité de promouvoir les valeurs du service public dans les médias sont des thèmes qui doivent être mis à l’ordre du jour de la réunion.


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