La FIJ demande la libération du journaliste incarcéré au Gabon

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) demande la libération sans condition du directeur de publication et journaliste d’un bimensuel privé arrêté le mardi 17 Octobre pour purger une peine dans le cadre d’une action en diffamation datant de 2003.


Mezui directeur de publication de Nku'u Le Messager, était condamné en 2003 en première instance pour « diffamation par voie de presse » à 21 jours de prison ferme. Cette décision a fait suite à une action intentée par le Trésorier payeur général contre l’hebdomadaire Misamu (suspendu depuis lors) et Mezui, auteur de l’article incriminé, indiquant que la Guinée équatoriale payait les salaires des fonctionnaires du Gabon.


Selon l’avocat du journaliste, Me Nkéa Nzigué, cité par l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), l’appel de ce jugement fait par son client à l’époque était resté sans suite et le tribunal n’ayant pas fait diligence de sa décision, cette affaire est définitivement éteinte de l’action publique.


L’arrestation de Norbert Ngoua Mezui qui est aussi le Président de l’Association des professionnels de la presse écrite libre (APPEL) du Gabon, est intervenue quatre jours après l’exhumation de la condamnation par le journal progouvernemental Le Crocodile, dans son édition du 13 Octobre.


« Nous demandons la libération immédiate et sans condition de Norbert Ngoua Mezui, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ. « Cette décision arbitraire de la justice gabonaise est une tentative d’intimidation manifeste à l’encontre de certains journalistes sur la sellette dans le scandale de la vente de l'îlot de Mbanié.»


Certains quotidiens progouvernementaux, L'Union et Le Crocodile en tête, accusent en effet trois ministres d’avoir essayé de convaincre le Président de la République, Omar Bongo de vendre à la Guinée équatoriale l’îlot de Mbanié, objet d’un différend territorial entre les deux pays. D’autres organes de presse, dont Nku'u Le Messager et Echos du nord réfutent cette information. C’est donc à une guerre que se livrent ces journaux depuis début Septembre allant jusqu’à des attaques personnelles.


« Nous sommes attristés par ce conflit anti-confraternel et appelons les journalistes gabonais à revenir au respect de l’éthique et la déontologie, pour éviter de donner l’occasion aux ennemis de la liberté de la presse au Gabon de sévir » a dit Gabriel Baglo.



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