La FIJ déclare que la liberté de la presse « recule considérablement » au Mali après l’inculpation d’un journaliste et de directeurs de publication

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd'hui les peines imposées à un journaliste malien, à quatre directeurs de publication et un professeur pour des charges d’offense ou de complicité d’offense au Chef de l’Etat suite à la publication dans plusieurs journaux d’un article sur un sujet de dissertation d’élèves portant sur le scandale sexuel d’un président imaginaire.


« Ce verdict est une attaque inacceptable contre le journalisme indépendant, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Le Mali est en train de reculer considérablement dans son engagement pour la liberté de la presse. »


Un tribunal correctionnel de Bamako a condamné Seydina Oumar Diarra, le journaliste qui a écrit l'article et l'a condamné à 13 jours de prison ferme. La détention préventive de Diarra couvrant sa peine, il a été libéré mardi. Le directeur de publication de Diarra, Sambi Touré a été condamné à 8 mois de prison avec sursis.


Les trois autres directeurs ont été inculpés et condamnés à quatre mois de prison avec sursis. Le professeur qui a donné le sujet à sa classe a été condamné à une peine de deux mois de prison ferme et frappé d’une interdiction d’enseigner pendant deux mois dans le pays.

Le professeur et le journaliste ont chacun écopé d’une amende de 100.000 FCFA (150 euros). Les quatre directeurs sont condamnés à verser chacun 200.000 FCFA (300 euros) d'amendes.

La FIJ a appelé à l’annulation du verdict. Les avocats des journalistes inculpés ont décidé d’interjeter appel.


Diarra, journaliste du quotidien privé Info-Matin et Bassirou Kassim Minta, professeur de littérature dans un lycée privé de Bamako, sont en détention depuis le 14 juin. Cet emprisonnement fait suite à un article de Diarra publié dans l’édition du 1er juin de Info-Matin critiquant Minta pour avoir donné à des élèves un sujet de dissertation sur un président (qui n’a pas été nommé) impliqué dans un scandale sexuel.


Les directeurs de publication, Sambi Touré de Info-Matin, Ibrahima Fall de Le Républicain, Alexis Kalambry de Les Echos et Haméye Cissé de Le Scorpion ont été arrêtés le 21 juin après la republication de l’article dans leurs journaux.



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