La FIJ condamne une vague d’attaques contre les journalistes en Algérie.

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné hier la vague d’attaques récentes contre les journalistes en Algérie, particulièrement dans la région de Djelfa, où ces derniers font l’objet de poursuites pour diffamation, en vertu du code pénal.


“L’utilisation du code pénal par le gouvernement algérien afin de poursuivre les journalistes a crée une atmosphère hostile à un journalisme indépendant,” a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. “Nous appelons le gouvernement à dépénaliser les délits de presse et à cesser d’envoyer les journalistes en prison.”


La FIJ et son affilié algérien, le Syndicat National des Journalistes (SNJ), ont invariablement demandé aux autorités une dépénalisation des délits de presse, la garantie de procès équitables pour les media et le retrait des peines de prison contre les journalistes.


Lundi dernier, Dhif Talal, correspondant du quotidien arabophone Al Fadjr à Djelfa, était condamné, sur la base du code pénal à six mois d’emprisonnement, après avoir été inculpé pour diffamation, accusation portée contre lui par le Ministère de l’Agriculture. La plainte fut présentée à la suite d’un article de Dhif Talal, révélant des pertes financières considérables, en raison des graves irrégularités de gestion au sein de la Direction de l’Agriculture de la Wilaya de Djelfa.


M. Talal se prépare à faire appel de cette décision.


Dans la même région, Ouahid Oussama, correspondant du quotidien arabophone Al Bilad, doit comparaître devant le tribunal le 19 Novembre, pour faire face à une plainte pour diffamation. Le Directeur de l’Education à la Wilaya de Djelfa a soulevé la plainte, à la lecture d’un rapport du journaliste, critiquant les échecs du système éducatif à Djelfa.


Un autre journaliste, Hafnaoui Ghoul, correspondent d’El-Youm à Djelfa a fait l’objet d’une longue série d’attaques pour ses articles critiques des pratiques des autorités locales.


“L’Algérie utilise sa loi pénale afin de faire taire les voix critiques et les journalistes continuent à être les victimes de cette tactique répressive », a déclaré M. White. « Nous appelons le gouvernement à s’engager pour la liberté de la presse et à permettre aux media de travailler librement sans crainte de représailles ».


La FIJ a travaillé avec le SNJ et d’autres affiliés au niveau international, afin de mettre fin aux dispositions pénales en matière de diffamation, qui peuvent conduire à des peines d’emprisonnement contre les journalistes.


Pour plus d’informations, merci de contacter le + 32 2 235 2207

La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 114 pays dans le monde