La FIJ condamne une nouvelle descente policière à la maison de la presse d’Alger

La Fédération Internationale des Journalistes a condamné aujourd’hui une nouvelle descente policière à la maison de la presse Tahar Djaout à Alger pour traduire de force le directeur du quotidien arabophone El Khabar et le journaliste Said Nemssi devant le juge d’instruction dans une affaire de corruption dévoilée il y a quelques années de cela.


Ces pratiques, qualifiées par le Centre régional de la FIJ d’Alger, « de procédés dignes d’un Etat policier » ont jeté l’émoi et la consternation parmi les professionnels des médias. “Cette manière de traduire les journalistes en justice relève d’un manquement flagrant aux normes régissant le fonctionnement démocratique des institutions de la république », a déclaré Nadir Benseba coordinateur du Centre de la FIJ à Alger.


Depuis Mai 2003, date du déclenchement de la campagne de répression contre la presse indépendante, les journalistes ainsi que les éditeurs des différents journaux ont décidé « de rejeter systématiquement les convocations de la police judiciaire considérant que les affaires de la presse relèvent directement des instances de la justice et que les concernés ne sont pas de vulgaires malfrats pouvant être traduits devant les commissariats ».


« Le regain de violence des autorités, après la relative accalmie qui a suivi la suspension du quotidien Le Matin et l’incarcération de son directeur M. Mohamed Benchicou, inquiète au plus haut point les professionnels des médias qui redoutent une mise sous scellé définitive de la libre expression en Algérie », a expliqué Nadir Benseba.


La précarité politique dans laquelle se retrouve la presse indépendante depuis l’élection présidentielle d’Avril 2004 s’est récemment vue aggravée par une série de condamnations des journalistes à des peines de prison en sursis ainsi que des verdicts exigeant des journaux un paiement d’amendes de plusieurs millions de Dinars ; une volonté qui cache mal l’intention d’asphyxier financièrement les titres de la presse indépendante.


L’inquiétude demeure tout aussi grande à propos de la suite que donnera la Cour d’Alger dans les prochains jours à la demande du parquet de suspendre pour une durée de six mois le quotidien Le Soir D’Algérie dans une affaire de diffamation. Selon le Centre de la FIJ à Alger, « ces attaques sont concoctées puis érigées comme un épée de Damoclès sur la tête de tout titre qui continue à adopter un ton critique envers l’action des gouvernants ». « Au lieu d’ériger des champs de compréhension, des responsables influents au gouvernement algérien ont préféré opter pour une normalisation autoritaire », a déclaré Nadir Benseba. Face à cette situation, la FIJ réitère son entier engagement et sa solidarité avec la presse indépendante et compte appuyer d’avantage les journalistes algériens au cours du lancement, cette année, d’une campagne pour aider ses affiliés dans leurs actions en faveur de la liberté d’expression, en encourageant les gouvernements à abandonner les projets de loi attribuant une nature pénale à la diffamation.


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