La FIJ condamne l’interdiction par Eutelsat d’une télévision chinoise: « censure et lâche abandon des principes »

La Fédération internationale des journalistes a aujourd’hui accusé la compagnie Eutelsat d’avoir cédé aux pressions des dirigeants communistes de Pékin en annulant le contrat donnant à une télévision chinoise basée aux Etats-Unis l’accès à son réseau satellitaire permettant d’atteindre des millions de téléspectateurs en Chine.


« Cette décision inexplicable de mettre de cette façon soudainement un terme au contrat d’un diffuseur indépendant ressemble à un acte choquant de censure », a dit Aidan White, le secrétaire général de la FIJ. New Tang Dynasty TV (NTDTV) a été fondée en 2001 et a gagné une réputation mondiale pour sa couverture adéquate et objective de sujets politiques, économiques et culturels en chinois.


La FIJ réagissait à l’information selon laquelle le contrat de NTDTV avec Eutelsat, qui doit expirer ce mois-ci, ne sera pas automatiquement reconduit une année supplémentaire comme le permettent les termes du contrat. Avec 23 satellites couvrant 90 % de la population de la planète, Eutelsat est l’un des plus importants opérateurs mondiaux de satellites.


Pour la FIJ, Eutelsat a été depuis un an soumis aux pressions du Parti communiste chinois au sujet de ses accords avec NTDTV. Les autorités de Pékin ont clairement laissé entendre que les opportunités commerciales liés aux contrats de diffusion des jeux olympiques pourraient être mises en cause.


La conviction que la société a été soumise aux pressions de Pékin pour interrompre le service de NTDTV sera vérifiée demain lorsqu’un tribunal parisien examinera la plainte déposée par des avocats français pour le compte de NTDTV contre Eutelsat et l’intermédiaire London Satellite.


« Sans explication crédible, nous ne pouvons que conclure à un lâche abandon des principes », a dit M. White. « C’est un recul de la liberté d’expression destiné à satisfaire l’intolérance de Pékin, et cela ne fait que renforcer le cynisme des dirigeants chinois quant à l’attachement du monde occidental aux droits de l’Homme et aux valeurs démocratiques. »


L’affaire est également prise en charge par les membres de la FIJ en Grande-Bretagne et en Irlande (NUJ) et en France (Syndicat national des journalistes).


« Lorsque l’une des principales compagnies mondiales de diffusion donne l’impression de se soumettre à une pression politique injustifiée, c’est un sujet de préoccupation pour tous ceux qui sont attachés à la libre expression », a dit M. White. « Cette affaire, plus que jamais, renforce le besoin que soient préservées qualité et indépendance dans le contenu et la gestion des programmes télévisés. »


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