La FIJ condamne les récentes violations de la liberté de la presse en Somalie

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd'hui les récentes attaques sur les médias en Somalie dont la fermeture d'une station de radio, l’autodafé d’un journal et le refus d’accéder au Somaliland à des journalistes.


Le dimanche 15 octobre, le Conseil des Tribunaux Islamiques (CTI) a fermé la radio East Africa Radio à Mogadiscio. Selon le chef du bureau de l'information du CTI, Sheik Abdirahim Ali Mudey, la station a été fermée en raison de « désinformation et de fautes ». Il a ajouté que le CTI nommera une nouvelle administration et un personnel pour la radio.


La East Africa Radio était la propriété de l’homme d’affaires Bashir Rage Shirar, qui serait l’un des Seigneurs de la guerre défaits par le CTI en juin. Shirar est en exil depuis lors.


« Nous condamnons la fermeture de East Africa Radio, » a dit Gabriel Baglo le directeur du Bureau Afrique de la FIJ. « Nous appelons le Conseil des Tribunaux Islamiques à rouvrir la radio et à laisser les employés travailler sans risque et en toute liberté. »


Samedi, 18 journalistes du sud et du centre de la Somalie et Puntland ont été détenus pendant trois heures à l'aéroport Egal de Hargeisa au Somaliland, par des agents de l'immigration. Les autorités du Somaliland ont dit ne pas avoir été informées de l'arrivée des journalistes. Ces derniers étaient invités à un atelier sur les médias organisé par l’UNICEF et l’OMS. Les journalistes ont pu plus tard entrer à Hargeisa, grâce à l'intervention de l'association des journalistes du Somaliland (SOLJA).


La veille, une foule en colère dans la ville de Buro au Somaliland a brûlé près de mille exemplaires du journal de Haatuf, critique au CTI. Le journal a également reçu plusieurs appels téléphoniques de personnes menaçant de brûler les locaux du journal à Hargeisa.


« Nous dénonçons l’autodafé des exemplaires de Haatuf qui est une destruction délibérée de la propriété du journal et le déni de la critique ouverte » a indiqué Omar Faruk Osman, Secrétaire général du syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ).


La tension est montée ces dernières semaines dans la République autoproclamée du Somaliland (nord-ouest de la Somalie) les Tribunaux Islamiques ayant menacé de l’attaquer.


« Nous protestons contre les menaces sur Haatuf et la destruction des exemplaires du journal, » a dit Gabriel Baglo. « Nous invitons les autorités du Somaliland à prendre des mesures vigoureuses afin que ce genre de violation de la liberté de la presse ne se produise plus et de veiller en sorte que les journalistes puissent voyager librement pour leur travail. »



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