La FIJ dénonce la condamnation d’une directrice de télé au Bénin

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a

aujourd’hui dénoncé avec fermeté la condamnation mercredi dernier d’unedirectrice de télévision à trois

mois de prison ferme pour offense au chef de l’Etat béninois.

 

« Cette condamnation est disproportionnée et ressemble

à une manœuvre pour réduire la presse à l’autocensure et au silence. C’est un

recul et  un coup à la liberté

d’expression dont le Bénin était jusque-là un champion en Afrique », a

déclaré Gabriel Baglo, directeur Afrique de la FIJ.

 

Selon  l’Union

des Professionnels des Médias du Benin (UPMB), un affilié de la FIJ, Mme Berthe

Cakpossa, directrice de la chaîne de télévision privée Canal 3 a été condamnée

mercredi 16 janvier dernier à trois mois de prison ferme pour offense au chef

de l'Etat Boni Yayi. Elle devra également payer 

500.000 francs CFA (équivalent de 1000 USD) d'amende et remettre un

franc symbolique en guise de dommages et intérêts pour le chef de l’Etat.

 

En septembre 2012, Lionel Agbo, ancien porte-parole en disgrâce du

président béninois avait organisé une conférence de presse que la chaîne de

télévision Canal 3 avait

intégralement diffusée.  Agbo accusait

une partie des proches collaborateurs du président d'être corrompus. M. Agbo a

lui-même fait l'objet d'une double plainte pour offense au chef de l'Etat et

pour diffamation.

 

Mme Berthe Cakpossa  de Canal 3 n'a pas assisté à son procès.

Elle a deux semaines pour faire appel de cette décision. «Ce n’est pas le rôle de la presse de censurer

l’expression des acteurs politiques en démocratie. Nous demandons aux autorités de libérer la journaliste», a ajouté Baglo.  La FIJ rejoint l’UPMB pour exprimer son

inquiétude sur les atteintes à la liberté de presse au Bénin. 

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