La FIJ condamne la vague de violence contre les journalistes en RDC après l’assassinat d’un photojournaliste

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd'hui l’assassinat de Patrick Kikuku, un reporter photo freelance, tué hier soir en République Démocratique du Congo (RDC) par des individus non identifiés dans des uniformes de l’armée. Il est le deuxième journaliste tué là ces deux derniers mois.


« La RDC est maintenant l'endroit le plus dangereux pour les journalistes en Afrique après la Somalie, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Nous condamnons fermement ce meurtre et nous appelons les autorités de RDC à conduire une enquête sérieuse pour traduire les responsables devant la justice. L'impunité pour les tueurs de journalistes doit cesser. »


Patrick Kikuku était un journaliste freelance travaillant à Goma dans l’Est de la RDC pour Agence Nationale de Presse et un bimensuel privé Union Magazine. Selon des témoins, il rentrait à la maison autour 19 heures 30 quand il a été arrêté par des hommes armés en uniformes militaires. Kikuku essayait de fuir quand l’un des hommes lui a tiré dans la tête.


Patrick Kikuku était un membre actif de l'Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC). Gabriel Lukeka, Président de la section du Nord Kivu de l’UNPC, a dit à la FIJ qu'il était avec Kikuku la veille de son assassinat et il n'avait entendu parler d'aucune intimidation ou menace contre son collègue tué.


Le 13 juin, le journaliste Serge Maheshe a été assassiné à Bukavu, une ville de la région Est de la RDC qui est le théâtre de troubles. Des soldats et deux amis de Maheshe ont ainsi été arrêtées mais des sources locales disent que les enquêteurs ont arrêté des innocents.


La FIJ appelle à une enquête complète et impartiale sur l’assassinat de Maheshe et les meurtres des autres journalistes tués depuis 2005.


La FIJ réitère également son appel pour la libération de Michel Shango et de Vincent Hata, deux journalistes et syndicalistes à la Radiotélévision Nationale du Congo (RTNC) qui sont en détention depuis le 27 juillet en rapport avec leurs activités syndicales.


Une délégation du Syndicat National des Professionnels de la Presse (SNPP) de la RDC a rencontré le procureur aujourd'hui.


« Le procureur nous a demandé de payer 300 dollars US de caution. Le SNPP et les deux familles de nos collègues ont payé cette somme et il a promis qu'ils seront libérés d’ici demain, » a dit Stanis Nkundiye, Secrétaire Général du SNPP.


Les deux journalistes n’ont pas encore été inculpés. La FIJ estime qu’aucune charge ne doit être retenue contre ses collègues.


La FIJ a également appelé la direction de la RTNC à permettre à Shango et Hata de reprendre leur travail et à permettre à tous ses travailleurs de participer librement aux activités syndicales.


Pour plus d’informations, contacter la FIJ Afrique au + 221 842 01 43

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