La FIJ appelle le Président du Niger à mettre fin à la répression des médias après l’arrestation d’un deuxième journaliste

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé aujourd’hui le Président de la République du Niger à intervenir pour mettre fin à la répression des médias après la récente arrestation de Ibrahim Manzo Diallo, le Directeur de Publication d’un journal privé accusé de « travailler avec Radio France Internationale » et la détention du journaliste Moussa Kaka accusé d'atteinte à la sûreté de l’Etat pour des liens supposés avec les rebelles Touareg. Il risque la prison à vie.


« La presse est devenue le bouc émissaire du gouvernement depuis le début du conflit Touareg et les récents événements nous inquiètent, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Nous appelons le Président Mamadou Tandja à intervenir d’urgence pour mettre fin à cette répression des médias et des journalistes et pour la libération de nos confrères. »


Ibrahim Manzo Diallo, Directeur de Publication du bimensuel privé Aïr-Info a été arrêté par la police mercredi nuit à l’aéroport de Niamey, alors qu’il se rendait à une formation en France. Il est depuis lors détenu à la Police Judiciaire de Niamey. Selon des journalistes locaux, Diallo est accusé de « travailler avec Radio France Internationale » et il n’a pas encore été officiellement inculpé.


En juin, l'organe de régulation des médias de l’Etat, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) a suspendu pour trois mois Aïr-Info l’accusant d’incitation « à la haine et à la violence » dans le conflit Touareg au Nord du pays où le journal est basé. Trois autres journaux ont reçu des lettres d'avertissement du CSC pour leur couverture du conflit. Le CSC a également suspendu en juillet les émissions en FM de RFI pour de prétendus reportages biaisés sur la rébellion.


Le 12 juillet, Ibrahim Manzo Diallo a été brièvement arrêté par la gendarmerie après qu’il a lancé un nouveau journal Info-Aïr du fait de la suspension de Aïr-Info.


La FIJ a aussi renouvelé son appel au gouvernement pour libérer Moussa Kaka et retirer toutes les charges « sans fondement » contre lui. Kaka, correspondant de RFI et Directeur de la radio privée Saraouniya a été arrêté le 22 septembre et est détenu sur des charges d’atteinte à la sûreté de l’état pour des liens supposés avec des rebelles Touaregs. Il risque la prison à vie s’il et reconnu coupable.


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