La FIJ appelle le Niger à libérer le journaliste accusé de liens avec des rebelles

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé aujourd'hui le gouvernement du Niger à libérer le journaliste Moussa Kaka, qui a été arrêté et détenu sur des charges d’atteinte à la sûreté de l’état pour des liens supposés avec des rebelles Touaregs.


« Les accusations contre Moussa sont sans fondement et cette mascarade a pour unique objectif d’intimider les journalistes qui couvrent la rébellion au nord du Niger, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Nous appelons le gouvernement du Niger à libérer immédiatement et sans condition Moussa et à retirer toutes les charges contre lui. »


Kaka, correspondant local de la Radio France International (RFI) et Directeur de la station de radio privée Saraouniya a été arrêté jeudi par des gendarmes dans les locaux de sa radio. Kaka a été détenu au secret jusqu’à samedi après-midi quand son avocat a été autorisé à lui rendre visite à la brigade de la gendarmerie de Niamey, la capitale.


Selon des sources locales, vendredi nuit le Procureur de la République a déclaré que Kaka travaillait « complètement » ou « en connivence » avec les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la Justice. Le procureur a ajouté que le journaliste sera jugé pour des charges de transmettre des secrets d’état aux rebelles, mettant ainsi en danger la sécurité de l’Etat.


En juillet, l'organe de régulation des médias de l’Etat, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) a suspendu les émissions en FM de RFI pour de prétendus reportages biaisés sur la rébellion.


En juin, le CSC a également suspendus pour trois mois un journal local privé Aïr Info, prétextant que des articles sur la rébellion Touareg incitaient « à la haine et à la violence et [essayaient de] de casser le moral des forces de défense. » Trois autres journaux ont reçu des lettres d'avertissement du CSC pour leur couverture du conflit. À la fin juin, le Président du CSC, Daouda Diallo a rencontré les patrons de la presse privée et leur a dit de ne pas publier des articles qui attaquent « la démocratie et la nation. »


« Nous appelons le gouvernement à mettre fin à ce plan pour contrôler la couverture du conflit par les médias et à laisser les journalistes du Niger travailler en totale sécurité et indépendance, » a dit Baglo.


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