La FIJ appelle le Maroc à rejeter le code de la presse et renouvelle sa demande de réintégration du dirigeant syndical limogé

La Fédération Internationale des Journalistes, le plus grand groupe mondial de journalistes, a appelé aujourd'hui la seconde Chambre des Députés du Maroc à rejeter la proposition du nouveau code de la presse, qui a mené à une confrontation entre le parti de gouvernement du Premier Ministre Abderrahmane Youssoufi et les médias, et qui a entraîné le renvoi du dirigeant du syndicat des journalistes.


Le Premier Ministre Abderrahmane Youssoufi est également le directeur du journal Itihad Ishtiraki, qui a suspendu de ses fonction Younes Mjahed, membre du Comité Exécutif de la FIJ et Secrétaire Général du Syndicat National de la Presse Marocaine.


"La FIJ croit que la direction du journal a agit de manière irresponsable", a déclaré Aidan White, le Secrétaire Général de la FIJ. "La décision de suspendre Younes Mjahed de ses fonctions relève de la victimisation pure et simple, et la direction devrait reconnaître qu'elle a agi en dehors du cadre légal et qu'il devrait être réintégré immédiatement ."


Younes Mjahed a été critiqué par le Premier Ministre, qui était mécontent de l'opposition du syndicat au nouveau code de la presse. Le Ministre de la Culture et de la Communication, Mohammed Achaari, a également publié une attaque contre les détracteurs des plans du gouvernement, y compris le syndicat des journalistes.


Le nouveau code de le presse, qui limite l'éventail des sujets abordables par la presse ainsi que les termes tolérés pour les reportages, a fait l'objet d'une large condamnation au sein des professionnels indépendants des médias. Il a été adopté par la Chambre basse du Parlement et se trouve actuellement entre les mains de la chambre haute, Chambre des Conseillers.


"C'est le moment pour les politiciens de faire souffler un vent de liberté dans la presse et de bloquer le nouveau code de presse", d'après Aidan White. "Le code ne reflète pas les normes professionnelles requises et doit être retiré."


La FIJ réitère son appel au Premier Ministre pour la réintégration de Younes Mjahed. "Des forces politiques sont entrées en jeu de manière inacceptable, mais la direction de ce journal doit reconnaître le droit aux journalistes d'exprimer des opinions différentes et aux syndicats de s'exprimer au nom de leurs membres sans crainte de victimisation."