La FIJ appelle à la libération des journalistes burundais incarcérés pour la couverture d’un coup d’état

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd'hui l'emprisonnement et le harcèlement des journalistes par le gouvernement du Burundi dans une apparente réaction à des émissions indiquant qu’une tentative avortée de coup d’état a été montée par le gouvernement.


Deux journalistes ont été emprisonnés mercredi, apparemment en relation avec une discussion en directe au sujet d'une tentative de coup d’état, diffusée en août sur la radio privée Radio Publique Africaine (RPA). Deux autres journalistes ont été convoqués au tribunal demain aujourd'hui en relation avec la même affaire.


Mercredi, le rédacteur en chef de la RPA Serge Nibizi et les journalistes Domitille Kiramvu et André-Palice Ndimurukundo ont été convoqués par le procureur de Bujumbura. Ndimurukundo a été libéré mais Nibizi et Kiramvu ont été arrêtés pour atteinte à la sécurité de l’Etat et violation du secret d’une enquête pré judiciaire. Les journalistes Bob Rugurika et Christella Ruvaru de la RPA ont reçu une convocation pour comparaître devant le procureur vendredi.


« Nous condamnons fermement ce harcèlement des journalistes de la RPA et réclamons leur libération immédiate et sans condition, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « C'est une tentative claire du gouvernement pour museler la presse indépendante sur des questions liées au prétendu coup d’état contrecarré et cela signifierait que le régime du président Pierre Nkurunziza a quelque chose se cacher dans cette affaire. »


Selon certains de leurs collègues, en août 2006 les journalistes de RPA ont lu et commenté des articles publiés dans le journal progouvernemental Intumwa, qui a rapporté une prétendue conversation entre un officier de l’armée et un chef de l’opposition au sujet d’une tentative de coup d’état. Entre le 31 juillet et le 20 août plusieurs chefs de l'opposition ont été accusés de fomenter un coup d’état et ont été arrêtés.


La couverture de la RPA a suggéré que c'était un faux coup monté par le gouvernement et la radio a diffusé une interview en direct d’Alain Mugabarabona, un ancien chef rebelle et témoin principal du procureur, qui a dit a avoir été torturé et forcé de mentir au sujet des personnes arrêtées.


Depuis lors, le directeur de la RPA, Alexis Sinduhije, vit dans la clandestinité parce qu'il craint pour sa sécurité après la diffusion de ces informations.


L’Association Burundaise des Journalistes, l’Association Burundaise des Radiodiffuseurs, la Maison de la presse du Burundi, l’Association des femmes journalistes, l’Observatoire de la presse burundaise, ont dits être choqués de la suite de la procédure judiciaire qui semblait programmée d’avance. Les organisations ont dit être déterminées à lutter pour la libération inconditionnelle des journalistes injustement incarcérés et sont ouvertes aux discussions avec le gouvernement.



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