La Commission africaine des droits de l’homme exhortée à pousser les Etats à garantir la sécurité des journalistes

La Fédération des journalistes africains (FAJ), l’organisation régionale de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a exhorté la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) à pousser les Etats membres à libérer instamment tous les journalistes emprisonnés et à mettre fin à l’utilisation des lois répressives contre les journalistes dans l’exercice de leur fonction. 

 

 « Nous exhortons la Commission à demander aux Etats membres d’arrêter la répression violente contre les journalistes, et d’examiner rapidement la question de la dégradation de la sécurité physique des journalistes dans le continent », a déclaré Omar Faruk Osman, Président de la FAJ, au cours d’une allocution faite devant la Commission à Banjul, en Gambie.

 

Des membres d’une délégation composée de représentants  de la Fédération des journalistes africains (FAJ), de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), de l’Union des Journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO), de l’Association des Journalistes d’Afrique de l’Est (AJAE) et de l’Union des Syndicats des Professionnels de la Presse d’Afrique Centrale (USYPAC) ont pris part à la 51ème Session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui a démarré le 18 Avril dernier.

 

La Somalie conserve sa triste réputation de pays où on tue le plus de journalistes en Afrique, et où règne l’insécurité pour la presse. Quatre journalistes y ont été tués entre Janvier et Avril de cette année. Toujours dans le courant de ce mois d’Avril, l’explosion d’une bombe-suicide à Mogadiscio  a occasionné des blessures à 11 journalistes qui étaient en train de couvrir une cérémonie au Théâtre National. Un autre journaliste de radio, malade, est détenu depuis le 3 mars dernier dans la ville côtière de Bosssasso, sans aucune accusation formelle et aucun jugement.

 

 Pendant ce temps, l’Erythrée reste le pays africain qui emprisonne le plus de journalistes, en Afrique. Certains sont détenus dans des containers en métal. Il n’y a qu’une poignée d’information sur le sort des journalistes détenus dans un pays où le régime en place ne respecte pas la liberté d’expression. Un grand nombre serait mort depuis ces dernières années.

 

“Au moins 32 journalistes sont en prison en Erythrée sans aucune charge contre eux et aucun procès. Certains sont emprisonnés depuis plus de 10 ans. L’Ethiopie est le seul pays africain, autre que le Burundi où les journalistes sont accusés de trahison” a déclaré Osman à la Session.

 

 

Le Président de la FAJ a attiré l’attention sur la détérioration de la  situation des journalistes arrêtés et détenus dans le cadre d’une loi anti-terroriste en Ethiopie et au Burundi, laquelle a créé une insécurité légale sans précédent contre les journalistes.

 

 « Les journalistes ne sont plus seulement en danger dans les zones de conflit. Durant les situations de non conflit, ils sont également sous la coupe de lois anti-terroristes et anticriminelles contraires aux standards internationaux de la liberté d’expression », a-t-il ajouté.

 

La répression violente contre les journalistes en Tunisie et l’intention du nouveau gouvernement de privatiser les médias publics dans le but d’y réduire en silence les voix critiques ont été rapportées à la CADHP. Celle-ci a  également été informée du danger qui guette les libertés, droits, et sécurité des journalistes  depuis les changements antidémocratique et anticonstitutionnel de régimes au Mali et en Guinée-Bissau.

 

La Session a en outre été informée de l’existence  d’intimidations institutionnelles et de tentatives compromettant la sécurité et la liberté des journalistes dans l’exercice de leur fonction au Zimbabwe, au moment où la République Démocratique du Congo et le Cameroun ont plusieurs cas de violations qui ont d’ailleurs été rapportés à la Commission.

 

 “La liberté de la presse en Afrique continue de subir plusieurs agressions de la part de différents acteurs dont les gouvernants”, a ajouté Osman.

 

 

La délégation de journalistes qui a pris part au Forum des ONGs précédant la 51ème Session de la CADHP  a présenté et soutenu des résolutions adoptées par le Forum, sur la situation de la liberté d’Expression en Somalie, la Campagne pour l’accès à l’information en Afrique, la situation des journalistes en Gambie, celle des droits de l’homme au Soudan, et au Swaziland. Elle a  également soutenu une lettre adressée au gouvernement de l’Erythrée.

 

« Il reste clair pour la communauté des journalistes, la Commission Africaine et pour tous les défenseurs  des droits de l’homme, que personne ne pourra jouir  de la liberté d’expression et par extension des droits humains fondamentaux, sans les garanties nécessaires, le respect et la protection de la sécurité des journalistes », a déclaré Osman.

 

Pendant la Session la délégation a eu des discussions avec une délégation de l’Erythrée sur le sort des journalistes détenus en secret dans ce pays.  Des discussions ont également eu lieu avec une délégation du Soudan sur la situation des journalistes. 

 

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples est l’organe de l’Union africaine chargé de surveiller la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Elle met en œuvre la charte africaine des droits de l’homme et des peuples et fait des rapports à l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine.

 

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