Journée Internationale de Solidarité avec les Médias algériens - DECLARATION (24 October 2003)

24 Octobre 2003


Journée Internationale de Solidarité avec les Médias algériens


DECLARATION



Depuis sa création au début des années 90, la presse indépendante en Algérie a constamment été l’objet de pressions, d’intimidations et de chantages politico commerciaux de la part du pouvoir.


Ces pressions ont atteint leur apogée le 18 août 2003 avec la suspension de six quotidiens, assortie de harcèlement policier et judiciaire et d’arrestations arbitraires dont ont été victimes des journalistes et des directeurs d’organes.


Ces mesures répressives ont été prises pour faire taire des titres qui ont révélé des scandales politico financiers impliquant des hauts responsables de l’Etat.


Cet acharnement contre la presse indépendante a provoqué un vaste élan de solidarité tant en Algérie que dans le monde. Il s’est particulièrement manifesté à Bruxelles, capitale européenne, où à l’initiative de la Fédération Internationale des Journalistes et des défenseurs des libertés démocratiques se tient cette journée de solidarité internationale avec les médias algériens, représentés par le Syndicat de journalistes algériens, des éditeurs particulièrement concernés, des journalistes et du Conseil de l’Ethique et de la Déontologie. Des représentants de la société civile, des professionnels de l’information et des personnalités politiques ont assisté à la journée de solidarité.


Préoccupés par la gravité de la situation de la presse en Algérie, les participants

  • condamnent fermement les atteintes au libre exercice de la profession et au droit à l’information des citoyens algériens, et

  • exigent l’arrêt immédiat des pressions, des suspensions, du harcèlement judiciaire et policier, du chantage politico commercial et des menaces à l’encontre des journalistes et des organes de la presse ;

  • s’élèvent également contre la confiscation de la presse publique (notamment les media lourds) par les gouvernants de l’heure.

  • Dans le même temps, ils dénoncent les contraintes subies par les journalistes du secteur public.


    En conséquence, les participants interpellent les autorités algériennes sur la garantie et le respect de la liberté de la presse et le droit du citoyen à l’information, droit consacré par la constitution algérienne, et conformément aux engagements pris par l’Algérie dans le cadre de l’accord d’association avec l’Union Européenne.


    Ce droit à la libre expression doit être assurée a travers :


  • L’abrogation des amendements du code pénal concernant les délits de presse ;

  • Une gestion claire et transparente de relations commerciales entre les organes de presse et les prestataires de service ;

  • L’ouverture au champ audio-visuel à l’expression plurielle et à l’initiative privée ;

  • Le libre accès aux sources d’information, seule garantie d’une presse libre et professionnelle.


    Les participants se félicitent de la réussite de cette journée internationale de solidarité avec les medias algériens et s’engagent à tout mettre en œuvre pour la défense et la préservation de la liberté d’expression en Algérie, élément fondamental d’une société démocratique.



    Fait à Bruxelles, le 24 octobre 2003