Descentes aux sièges de deux journaux français – “C’est une violation choquante des droits des journalistes et de la liberté de la presse », déclare la FIJ

La Fédération Internationale des Journalistes et son organisation régionale, la Fédération Européenne des Journalistes, ont condamné aujourd’hui les descentes de police opérées aux sièges de deux journaux français en les qualifiant de « violation choquante des droits des journalistes ».


“C’est une bien triste journée pour la démocratie et la liberté de la presse lorsque la police fait irruption dans une rédaction et saisit les ordinateurs pour découvrir avec qui les reporters ont eu des contacts” a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ.


Hier, une juge d’instruction a mené une perquisition au siège parisien de l’hebdomadaire Le Point à la tête de dix policiers. Simultanément, une descente similaire était opérée au siège du quotidien des sports L’Equipe.


“Ces descentes sont une violation du droit des journalistes de protéger leurs sources,” a déclaré M. White.


La police a mené ces descentes dans le cadre d’une enquête portant sur une prétendue "violation du secret de l’instruction" liée au scandale du dopage impliquant l’équipe cycliste Cofidis. Auparavant, Le Point avait publié des extraits de conversations téléphoniques qui avaient été enregistrées dans le cadre de l’enquête de police portant sur le scandale du dopage. L’an passé, L'Equipe avait divulgué de larges extraits de procès-verbaux d’audition de plusieurs coureurs Cofidis, dont certains avaient été mis en examen.


Selon la FIJ, ils est légitime pour les journalistes de suivre ces faits de près par intérêt professionnel, et de les rapporter, sans subir d’intimidation.


“Il semble maintenant que la police épluche les dossiers des journaux pour essayer de mettre la main sur les noms et les coordonnées des personnes qui ont été en contact avec les journalistes dans le cadre de cette affaire”, a déclaré M. White. “Cela donne à penser que les journalistes sont employés comme force de police contre leur volonté et menace également la liberté de la presse en dissuadant le public de parler aux journalistes.”


La FIJ fait campagne partout en Europe pour que l’on respecte davantage le droit des journalistes de protéger leurs sources et soutient le journaliste allemand Hans Martin Tillack, du magazine Stern, dans le combat engagé avec l’Union européenne et la police belge dans le cadre des tentatives visant à lui extorquer des renseignements sur les informateurs l’ayant mis au courant de pratiques de corruption à la Commission européenne.


“La police ne doit pas partir à la pêche dans les dossiers des journalistes,” a déclaré Aidan White. “L’Article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme protège les journalistes et la police devrait être la première à respecter cela.”


Pour plus d’information, veuillez contacter: +32 2 235 2207

La FIJ représente plus de 500.000 journalistes dans plus de 110 pays