Démocratie et concentration des médias : les journalistes demandent de nouvelles règles après les élection italiennes

La Fédération Internationale des Journalistes et son groupe régional, la Fédération Européenne des Journalistes, a déclaré aujourd'hui que le parti-pris médiatique en Italie en faveur du magniat Silvio Berlusconi a fourni "d'indéniables preuves que de nouvelles règles sont nécessaires pour limiter la concentration du pourvoir médiatique dans les mains des politiciens et de leur entourage".


"Dès qu'il y a concentration des médias, il est inévitable que les médias vont devenir un moyen de défendre des intérêts politiques et commerciaux", a déclaré le secrétaire général Aidan White.


"L'élection de Silvio Berlusconi au poste de Premier Ministre fournit des preuves évidentes. Il contrôle la majorité des chaînes privées de même qu'une grande partie du marché de la publicité, et son entreprise lui a bien servi".


La FIJ note qu'une enquête indépendante a montré que tandis que la chaine publique, la RAI, a attribué aux deux coalitions et à leurs candidats sensiblement la même couverture médiatique, les trois chaînes de télévision privées de M. Berlusconi lui ont accordé quatre fois plus de temps qu'à ses rivaux.


The IFJ notes that an independent survey of election coverage showed that while the Italian public broadcaster, RAI, gave the two leading parties and their candidates roughly equal coverage, Berlusconi's three private television channels gave him four times more exposure than his rival.


"Ce partis-pris était inévitable", selon Aidan White. "Il est choquant de voir qu'un tel conflit d'intérêt puisse être permis dans une des principale démocraties mondiales." La FIJ dit que les promesses de M. Berlusconi de séparer ses affaires de sa vie politique a été faite "à contre-cœur et sans conviction" .


"Les appels aux politiciens à se comporter comme des démocrates alors qu'ils possèdent la moitié des médias du pays sont inutiles", déclare la FIJ, "de nouvelles règles sont nécessaires pour assurer que les conflits d'intérêts soient déclarés illégaux et que la concentration des médias ne conduise pas à des ingérences dans le processus médiatique".


La FIJ note que depuis dix ans, la Commission Européenne a échoué dans ses tentatives pour introduire de nouvelles règles pour limiter la concentration des médias. "La Commission et le Parlement doivent réagir face au danger. Il doivent à présent s'impliquer face à l'opposition des propriétaires des médias qui refusent de reconnaître toute limitation des pouvoir médiatiques, alors même qu'il est évident que la démocratie est mise en péril".