Declaration et resolutions d'Almeria des journalistes de la mediterranée

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Lors de la RENCONTRE DES JOURNALISTES DE LA MÉDITERRANÉE "ALMERÍA 2005", organisée par l’Association de Journalistes – Association de la Presse d’Almeria, en collaboration avec la Fédération des Associations de la Presse d’Espagne (FAPE), la Fédération Internationale de Journalistes (FIJ), et en partenariat avec le Conseil de la Présidence du Gouvernement Autonome d’Andalousie, Trente ORGANISATIONS de journalistes représentant 65.000 journalistes de 24 pays du bassin méditerranéen, ONT APPROUVE la déclaration suivante :


DÉCLARATION D’ALMERIA DES JOURNALISTES DE LA MÉDITERRANÉE:


"La communication et la coopération méditerranéennes" a réuni dans un contexte de dialogue et de débat la VIè Conférence de Journalistes du Bassin Méditerranéens de la FIJ et du Forum de Journalistes de la Méditerranée pour adopter les conclusions suivantes que nous communiquerons aux pouvoirs publics et à la société des pays méditerranéens.


  1. Nous réaffirmons que la solidarité entre journalistes de la Méditerranée permet de lutter de façon efficace contre toute forme de pression et de censure destinée à entraver le droit à l’information. Ce droit, ainsi qu’un journalisme libre et indépendant, sont les conditions nécessaires au développement de la démocratie.

  2. Nous dénonçons le fait que dans certains pays du Bassin méditerranéen s’intensifient les attaques, les censures, les tortures, les emprisonnements et toutes les autres formes d’intimidation contre les journalistes et les moyens de communication indépendants. Nous condamnons énergiquement le fait que les journalistes soient pris pour cible comme otages, comme c’est actuellement le cas en Irak et dans d’autres régions.

  3. Nous demandons à la profession et aux entreprises de communication d’assumer un engagement en faveur de la paix, la démocratie et les droits de l’homme et contre toute forme de violence. Un engagement qui se manifeste dans l’attention et le respect du traitement à l’égard des victimes de la violence et la vérification de l’information pour éviter la manipulation par les parties du conflit, ainsi que dans la non-utilisation d’un langage de guerre dans l’information

  4. Nous demandons que tous les journalistes travaillant en zones de conflit possèdent un statut de correspondant de guerre. Nous soulignons la responsabilité des entreprises éditoriales qui doivent former les journalistes à des missions dangereuses, et leur fournir une couverture appropriée aussi bien pour eux-mêmes que pour leurs familles, en cas d’enlèvement, de disparition ou de mort. Nous réclamons que le Statut de Correspondant en Zones de Conflit présenté lors de cette Rencontre de Journalistes de la Méditerranée, soit adopté par les différents gouvernements et serve de modèle lors des négociations avec les entreprises éditoriales.

  5. Nous proposons que le Comité de Genre de la FIJ intensifie ses travaux, en particulier dans le Bassin Méditerranéen et nous encourageons les organisations de journalistes à participer à ce Comité, à avancer dans des politiques paritaires, à faciliter le fait que vie professionnelle et familiale soient conciliables pour les femmes.

  6. Nous recommandons l’utilisation correcte du langage et de l’information pour promouvoir une image digne de l’immigration évitant le racisme et la xénophobie.

  7. Nous condamnons la stratégie de certains propriétaires de moyens de communication qui privilégient une information commerciale au détriment d’un journalisme de qualité et indépendant qui correspond aux désirs légitimes du public. Nous dénonçons la concentration de la propriété des médias, qui limite la liberté d’expression pour la réduire, l’uniformiser et la rendre moins plurielle. Nous lançons également un appel relatif au conflit d’intérêts dans les entreprises éditoriales.

  8. Pour conserver notre autonomie professionnelle ainsi que l’éthique qui l’accompagne, nous les journalistes avons besoin de conditions économiques dignes et négociées avec les employeurs. Nous rejetons la précarité de l’emploi et nous recommandons aux autorités d’accepter ou d’adopter les principes énoncés dans le Code Européen de Déontologie du Journalisme. Nous demandons aux autorités de légiférer pour reconnaître les droits des créateurs (journalistes) sur l’œuvre créée, y compris digitalisée.

  9. Nous invitons à la création d’organes veillant au respect de l’éthique de la profession tels que des conseils audiovisuels, conseils de l’information, comités de rédaction, etc. qui rendent effectif l’exercice des droits professionnels avec les spécificités propres à la profession qui les différencient du reste des entreprises.

  10. Nous proposons aux organisations professionnelles de créer des espaces sur l’Internet permettant un échange d’idées dans le cadre de la Méditerranée. Dans ce sens, nous suggérons que l’espace www.periodistas.com devienne un forum de débat.

  11. Nous souhaitons que le processus de Barcelone soit développé pour que les pays de la rive sud de la Méditerranée puissent bénéficier davantage d’une politique de partenariat qui n’a pas atteint tous ses objectifs au cours des dernières années.

  12. A l’occasion de l’Année Internationale du Sport et de l’Education Physique et des XVè Jeux Méditerranéens Almeria 2005, nous encourageons les professionnels de l’information et les médias, à prendre un engagement clair pour transmettre à la société les valeurs positives du sport comme vecteur d’intégration, d’entente, de tolérance, de dialogue et de coopération.

  13. Nous invitons les journalistes et les entreprises de communication à divulguer l’esprit, le message et la philosophie des Jeux et de la Charte du Sport Méditerranéen, comme facteurs favorisant la coopération et l’entente mutuelle des peuples et cultures. Nous demandons au Comité International des Jeux Méditerranéens (CIJM) d’établir un forum de journalistes pour débattre sur le mouvement olympique et son incidence sociale.

  14. Nous proposons que le Forum de Journalistes de la Méditerranée, qui existait déjà, se consolide comme un rendez-vous biennal, ayant pour sièges les villes d’Almeria, Grenade et Malaga, avec le soutien de toutes les organisations de journalistes, la FAPE, la FIJ et le Gouvernement Autonome d’Andalousie.

  15. La prochaine édition de la conférence de Journalistes de la Méditerranée du Groupe de la FIJ se tiendra en 2005 à Tunis, avant le sommet mondial sur la Société de l’Information. Six mois plus tard aura lieu une autre conférence en Croatie.ol>

    Pour lire les resolutions cliquez ici


    La Rencontre d’Almeria 2005, et celles qui suivront, s’inscriront dans le cadre des objectifs des déclarations de Milan (1993 et 1995), Zagreb (1997), Florence (1998), Rabat (1999), Athènes (2001) et Chypre (2002) et des activités de la Fédération Internationale de Journalistes (FIJ).

    Le présent document est approuvé par les représentants des organisations de journalistes d’Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Croatie, Egypte, Slovénie, France, Grèce, Hongrie, Israël, Italie, Liban, Ex-République Yougoslave de Macédoine, Malte, Maroc, Portugal, Saint Marin, Tunisie, Turquie, Union de Serbie & Monténégro et Espagne. Les journalistes d’Andorre et de Syrie apportent également leur adhésion.