Déclaration de l’Assemblée Annuelle de la Fédération Européenne des Journalistes sur la liberté de la presse en Turquie.

L'Assemblée Annuelle de la

Fédération Européenne des Journalistes réunie à Bergame, en Italie, du 15 au 17

juin 2012,

est

sérieusement préoccupée par la situation de la liberté de la presse en Turquie

ainsi que par la situation des journalistes détenus en prison.

La FEJ, la FIJ et de nombreuses

autres organisations défendant la liberté de la presse ont travaillé sans

relâche pour faire connaître ces cas et pour faire campagne afin d'obtenir la

libération de la centaine de journalistes emprisonnés dans l'exercice de leur

fonction.

La détention d'un si grand

nombre de journalistes place la Turquie aux premiers rangs de la liste des pays

ayant emprisonné des journalistes.

Les syndicats de journalistes

turcs soulignent depuis plusieurs années la présence de nombreux articles

anti-démocratiques dans la loi pénale turque portant atteinte à la liberté

d'expression. De même, la loi anti-terrorisme constitue un obstacle majeur à

celle-ci.

La FEJ salue les

diverses campagnes qui ont été lancées pour soutenir les journalistes

emprisonnés en Turquie, notamment par de nombreux syndicats de journalistes via

la campagne Libérez les Journalistes ! menée par la FEJ.

La FEJ se

réjouit des « jours de témoignages » tenus par la Plateforme

pour la Liberté des Journalistes et le syndicat turc TGS pendant le mois de

juin devant le Palais de Justice d'Istanbul en vue d'obtenir justice pour les

journalistes détenus.  

La FEJ

condamne le Premier Ministre turc pour ses déclarations

diffamatoires et ses propos haineux envers les journalistes tels

que : « vautours, nous avons ôté vos colliers, mais à présent vous

portez des colliers internationaux ».

La FEJ

appelle les autorités turques à faire preuve de respect et de

tolérance à l'égard de tous les journalistes, auteurs, artistes, intellectuels,

universitaires, syndicalistes, représentants d'organisations

non-gouvernementales qui critiquent le gouvernement.

La FEJ

encourage ses syndicats membres à saisir toutes les opportunités

pour rendre publique la situation des médias en Turquie et à prendre part au

processus d'adoption de la FEJ qui permet de créer un lien entre les syndicats

de journalistes et les journalistes détenus en prison.

La FEJ constate que, malgré la libération d'un petit nombre de journalistes, parmi lesquels

Ahmet ??k qui a participé à l'Assemblée Annuelle, beaucoup de journalistes

demeurent emprisonnés en attente d'un jugement.

La FEJ

exhorte le gouvernement turc à libérer les journalistes

immédiatement. Maintenir des journalistes, tout comme n'importe quel citoyen,

en détention pendant plus de quatre ans sans jugement ni décision d'un tribunal

n'est acceptable dans aucun pays démocratique.

Alors que nous affirmons notre

solidarité avec nos collègues turcs emprisonnés, nous souhaitons de nouveau

souligner que détenir des journalistes en prison ne fera que priver les

citoyens turcs d'informations et jettera l'opprobre sur les autorités turques. 

La FEJ est le groupe Européen de la Fédération Internationale des Journalistes
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