Déclaration d'Alger sur l'audiovisuel

<font size="4">Quel service public audiovisuel pour l’Algérie ?

Atelier sur la radiotélévision publique

Alger, 10 août 2005</font>


Cette réunion était organisée dans le cadre du programme Médias pour la démocratie en Méditerranée de la FIJ  avec l’assistance financière de la Commission européenne

<font size="5">Déclaration d’Alger </font>

Nous, journalistes de médias audiovisuels, de la presse écrite, responsables de médias publics en Algérie, spécialistes en sciences de l’information et de la Communication, représentants du Syndicat national des journalistes ainsi que des représentants du Syndicat national de la presse marocaine et du Syndicat national des journalistes français et acteurs de la société civile, invités, réunis ce jour 10 août 2005 à l’hôtel El Djazair à Alger, dans le cadre d’un atelier « Quel service public audiovisuel pour l’Algérie ? » qu’ont organisé le Syndicat national des journalistes et la Fédération internationale des journalistes avec la collaboration de la Commission européenne :


- Notons l’intérêt particulier accordé au thème très rarement soumis à débat public en Algérie

- Constatons l’inexistence de chaînes de télévision et de radios privées bien que l’article 56 de la loi sur l’information de février 1990 ait levé le monopole d’Etat sur la presse audiovisuelle.

- Constatons l’absence d’instance de régulation du secteur depuis la dissolution en octobre 1993 du Conseil supérieur de l’information (CSI)

- Relevons que si le droit à l’information est reconnu en Algérie depuis 1976 par les chartes et les lois régissant la presse, le droit à la communication ne l’est toujours pas

- Constatons qu’en dehors des périodes pré-électorales, le champ médiatique audiovisuel est hermétiquement fermé aux différents courant politiques en particulier et aux représentants de la société civile en générale

- Relevons le persistance de la confusion entretenue autour de la notion de service public et de secteur public

- Notons que dans les sociétés modernes, la notion de service public a évolué dans le sens de l’aide à la presse éducative et culturelle, à la presse de qualité, à la presse régionale et locale à la production audiovisuelle nationale

- Constatons la précarité de la situation socioprofessionnelle des professionnels des médias qui constitue un frein à l’expression démocratique et à l’organisation syndicale

- Notons l’amalgame persistant autour du statut de l’audiovisuel particulièrement les chaînes de radio-télévision qui ne sont en fait que le prolongement d’une seule chaîne de télévision et d’une chaîne radio


Après débat, et à la lumière des interventions des uns et des autres, nous, participants aux travaux de l’atelier, recommandons:


- L’affirmation et la reconnaissance d’un besoin pressant de la société qu’est celui du droit à la communication qui signifie l’ouverture du champ médiatique audiovisuel aux différents courant d’opinion

- Réhabiliter l’instance de régulation prévue par la loi de 1990 ou créer une nouvelle instance

- Levée des contraintes et autres blocages qui freinent la libéralisation et diversification du secteur audiovisuel

- Un surcroît d’intérêt à la production nationale aux programmes éducatifs et culturels ainsi qu’aux médias locaux et régionaux

- Favoriser la participation des professionnels des médias à l’élaboration d’un statut pour le journaliste et d’une convention collective nationale conforme aux règles universelles

- Tenir compte des préoccupations socio-professionnelles en accordant une importance particulière aux salaires, à la formation et au recyclage des journalistes

- Faciliter les échanges entre la communauté journalistique nationale et les organisations professionnelles internationales


A la fin des travaux, les participants ont par ailleurs affirmé avec force leur attachement à la liberté d’expression et d’information afin qu’aucun journaliste ne soit sanctionné pour ses opinions.



Alger, le 10 août 2005

 Cet évènement a été organisé avec le soutien financier de l'Union européenne. Les vues exprimées lors de cette conférence sont celles de la Fédération Internationale des Journalistes et ne peuvent donc en aucun cas être comprises comme le reflet de la position officielle de la Commission européenne.