2004 – Une année sombre et meurtrière pour les médias: les gouvernements doivent agir, selon la FIJ

<center>  ©FIJ Tsunami en Asie</center>


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<center>Conférénce de presse de la FIJ à Bruxelles - Hassen Fodha, Centre Régionale de l'ONU (RUNIC); Julang Pujianto, Ambassade de l'indonesie; Jacques Nancy, Parlement Européene; Aidan White, FIJ (gauche à droit)</center>


Au terme de l’une des pires années que l’on ait connu en ce qui concerne le meurtre de journalistes, la Fédération Internationale des Journalistes a saisi l’occasion de la publication de son rapport annuel sur les collaborateurs des médias tués pour renouveler son appel aux États-Unis et aux autres gouvernements à prendre sérieusement leurs responsabilités pour enquêter sur les assassinats de journalistes.


« Trop souvent, les gouvernements font preuve d’une cruelle indifférence envers les souffrances endurées par les victimes et leurs familles », a dit Aidan White, le secrétaire général de la FIJ. « Trop souvent, de prétendues enquêtes sur les meurtres de nos collègues ne sont que de la poudre aux yeux ».


La FIJ a indiqué aujourd’hui que 129 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués l’an dernier, le pire bilan jamais enregistré sur une période consécutive de douze mois.


« Derrière chaque mort tragique, on peut voir à l’œuvre, sur une échelle jamais égalée, la violence et une intimidation généralisée à l’encontre des journalistes », a dit White. « Nous saluons la mémoire de chacun de ceux qui sont morts, des correspondants dévoués et courageux comme des collaborateurs techniques avec lesquels ils faisaient équipe ».


Dans son rapport qui recense la mort de collaborateurs des médias dans 34 pays, la FIJ a dénoncé l’impunité et l’injustice dans la façon dont les gouvernements réagissent à ces morts.


« Il tend à y avoir quelques mots de regrets insignifiants, une enquête bâclée et une vaste indifférence », a dit White. « A une époque où le monde compte plus que jamais sur les médias pour dire ce qui se passe, il est inexcusable que les gouvernements ne traduisent pas les assassins devant la justice ou se trouvent des excuses lorsque leurs propres agents sont impliqués ».


La FIJ souligne que l’enquête du gouvernement américain sur la mort de deux journalistes à l’Hôtel Palestine à Bagdad le 8 avril 2003, qui a été rendue publique en novembre dernier, en est un tragique exemple. « C’était un incident dans lequel des soldats ont tiré sur des médias en plein jour et pourtant, l’armée s’exonère elle-même et refuse d’endosser la moindre responsabilité. C’est un déni de justice d’une ampleur révoltante ».


La FIJ a indiqué que la mort inexpliquée de journalistes et collaborateurs des médias en Irak, qui représente 12 des 69 morts violentes depuis le début de la guerre, démontre pourquoi de nouvelles règles internationales sont nécessaires afin de garantir des enquêtes indépendantes dans les meurtres de journalistes. La Fédération envisage une protestation mondiale le 8 avril, jour du second anniversaire de l’attaque contre l’Hôtel Palestine.


Le rapport de la FIJ pointe également une ambivalence du même type parmi les dirigeants politiques d’Ukraine, où la Fédération a demandé aux autorités de clarifier l’affaire du meurtre du journaliste Gyorgy Gongadze brutalement assassiné il y a plus de quatre ans par des tueurs anonymes liés aux autorités ukrainiennes.


Le rapport de la FIJ, qui décrit particulièrement la façon dont le tsunami en Asie a touché les médias dans les zones concernées, critique également le gouvernement des Philippines, où 13 journalistes sont morts l’an dernier. Il n’y a eu que deux enquêtes sérieuses et ces dernières n’ont conduit à aucune poursuite. La FIJ a en outre critiqué les propositions officielles de Manille d’armer les journalistes dans le but de riposter aux attaques visant les reporters, particulièrement ceux travaillant pour des radios locales.


« Cela témoigne d’une incompétence doublée d’un manque de volonté politique, renforcé par l’idée absurde que les journalistes ne peuvent être protégés que munis de pistolets », a dit White. C’est précisément ce type d’abdication de ses responsabilités de la part d’un gouvernement qui rend la situation plus dangereuse pour la vie des journalistes ».


En dépit de preuves circonstanciées de la détérioration de la situation des journalistes dans de nombreuses régions, la FIJ apporte également des témoignages d’une détermination nouvelle de la part des journalistes et des médias de faire face à cette crise.


Presque 30.000 euros ont été donnés par le Fonds international d'entraide de la FIJ aux victimes de la violence et à leurs familles. « Ceci est de la véritable solidarité de journaliste à journaliste et il en faudra toujours davantage dans les années à venir », a dit White.


La FIJ a également salué l’annonce de l’ouverture, à la fin de l’année, de bureaux de l'institut international pour la sécurité dans le journalisme (INSI) en Amérique latine et en Afrique, d’autres bureaux devant ouvrir en Asie et au Moyen-Orient avant la fin de ce mois.


« L’INSI est une réponse de l’intérieur des médias à la crise de la sécurité », a dit White. « C’est un effort pratique et déterminé impliquant les responsables des médias et leurs salariés pour réduire les risques auxquels nous sommes confrontés et pour mettre la pression sur les gouvernement afin qu’ils prennent leurs responsabilités. Chaque syndicat de journaliste et chaque dirigeant des médias doit se joindre à cet effort.»


Plus d’information: + 32 2 235 22 07

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