La FAJ demande la libération de deux journalistes arrêtés à Madagascar

La Fédération des journalistes africains (FAJ) a aujourd’hui demandé la libération de deux journalistes arrêtés à Madagascar pour diffamation et délit de presse.

 

Selon des sources indépendantes, le directeur de la publication du journal Madagascar Matin, Jean-Luc Rahaga, et son rédacteur en chef, Didier Ramanoelina, ont été arrêtés le lundi 21 juillet pour diffamation et délit de presse. Ils encourent de six mois à deux ans de prison ferme et le journal risque un mois de suspension. Le procès des deux journalistes doit avoir lieu ce mercredi.

 

« L’emprisonnement des deux journalistes donne un mauvais signal pour la liberté de la presse et la liberté d’expression à Madagascar », a déploré Mohammed Garba président de la FAJ.  « Un délit de presse ne peut justifier cet emprisonnement. Nous demandons la libération immédiate des deux collègues ».

 

Selon l’Agence France Presse, AFP, Madagascar Matin avait publié la semaine dernière un courrier d'un lecteur accusant trois ministres d'être impliqués dans des trafics de bois de rose. Le ministre chargé des Infrastructures Rivo Rakotovao, et deux autres membres du gouvernement malgache ont été nommément cités dans ce courrier d’un lecteur.


Les deux journalistes étaient convoqués à 8h le 21 juillet à la Brigade des recherches criminelles à Fiadanana, une commune de Madagascar. Ils ont été entendus pendant environ 8 heures à Fiadanana puis pendant 2 heures au parquet. Vers 18h30, un mandat de dépôt leur a été décerné sur la base d’une plainte déposée par le ministre chargé des Infrastructures.

 

« Madagascar doit dépénaliser les délits de presse pour se conformer aux normes internationales », a ajouté Gabriel Baglo, directeur du bureau Afrique de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). On ne peut pas mettre des journalistes en prison pour délit de presse, a-t-il insisté.

 

La FAJ s’associe aux journalistes malgaches qui ont manifesté hier mardi 22 juillet à Antananarivo la capitale pour protester contre l'arrestation de leurs deux confrères. Les manifestants ont dénoncé la plainte du ministre et l'emprisonnement des deux journalistes. “Au lieu d’un emprisonnement le ministre pouvait aussi se contenter d’un démenti", ont-ils insisté.


Pour plus d’information, veuillez contacter le Secrétariat de la FAJ au : +221 33 867 95 86 ou 87

La FAJ représente plus de 50.000 journalistes dans  40 pays en Afrique