31/12/2017
 

La FIJ se réjouit de la plus forte diminution d'assassinats de journalistes depuis une décennie mais met en garde "contre une certaine complaisance".

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) estime qu'il ne faut pas sombrer dans la complaisance après avoir constaté que le nombre de meurtres de journalistes recensé cette année est le moins élevé depuis 2007.

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La Fédération internationale des journalistes (FIJ) estime qu'il ne faut pas sombrer dans la complaisance après avoir constaté que le nombre de meurtres de journalistes recensé cette année est le moins élevé depuis 2007.  

La FIJ se félicite d’une diminution passant de 93 victimes l’an passé à 82 morts en 2017 mais souligne qu'un nombre sans précédent de journalistes ont été emprisonnés ou forcés de fuir, que l'autocensure s’est répandue et que l'impunité pour les assassinats, harcèlements, attaques et menaces contre le journalisme indépendant atteint des proportions épidémiques.  

La Initiates file downloadliste, publiée aujourd'hui par la FIJ, détaille les cas des 82 journalistes et employés des médias tués lors d’assassinats ciblés, d’attentats à la voiture piégée et d’incidents de tirs croisés dans le monde en 2017.

Le nombre de morts est inférieur de 11 victimes par rapport aux 93 morts recensés l’an dernier, faisant de 2017 l'une des années les moins meurtrières depuis une décennie.  

La FIJ se réjouit de la diminution des pertes en vie humaine parmi les journalistes et les professionnels des médias, due en partie à la raréfaction des zones dangereuses dans des régions auparavant très instables et à la perte de terrain par les groupes armés, qui a permis de réduire la présence de journalistes sur les lignes de front dans les zones de combat.  

Au Yémen, jusqu'à la scission entre l'ancien Président Saleh et les rebelles Houthis, les combats entre les factions belligérantes se sont trouvés dans une impasse pendant la majeure partie de l'année et les journalistes ont été moins exposés aux attaques et ont couru moins de risques, notamment causés par les tirs croisés.

En outre, l’organisation appelée Etat Islamique (EI) a passé l'année sur la défensive en Syrie et en Irak, réduisant davantage leur degré de proximité et les contacts avec les professionnels des médias dans les zones précédemment sous contrôle de l'EI.  

Mais la FIJ met en garde contre une certaine complaisance.  

Le Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a déclaré: " Nous nous félicitons du fait que cette année ait été la moins meurtrière en une décennie pour les journalistes, mais il n'y a pas de place pour la complaisance. En Syrie, au Mexique et en Inde, les meurtres continuent à des rythmes effrayants, plus de femmes journalistes ont été assassinées, il y a toujours plus de 90% d'impunité pour les assassinats, l'autocensure reste répandue et il n’y a jamais eu autant de journalistes emprisonnés ces dernières années. »    

« Face à ce nombre croissant de professionnels des médias pris pour cible, la FIJ s'engage à renforcer son travail avec les syndicats du monde entier pour offrir une formation plus sécurisée, une assurance abordable pour les journalistes locaux qui portent le poids des attaques et surtout un engagement à faire campagne activement pour que ceux qui attaquent des journalistes - qu'ils soient des acteurs étatiques, des organisations paramilitaires ou des intérêts corporatistes - soient traduits en justice ". 

"Nous saluons la diminution pour la troisième année consécutive des pertes en vies humaines subies par les journalistes et le personnel des médias dans le monde en 2017", a déclaré le Président de la FIJ, Philippe Leruth. "Bien que cela représente une tendance à la baisse, les niveaux de violence dans le journalisme restent trop élevés. Nous trouvons très inquiétant que cette diminution ne puisse être liée à aucune mesure prise par les gouvernements pour lutter contre l'impunité des crimes visant les journalistes. Au lieu de cela, les systèmes ne changent pas dans les pays les plus violents tels que le Mexique et l'Inde. "

Les médias restent sous l'emprise de la violence extrême des insurgés en Afghanistan et du règne impitoyable des groupes criminels organisés au Mexique.

La FIJ s'inquiète également du fait que de plus en plus d'attaques contre des journalistes soient motivées par un populisme violent en Inde, la plus grande démocratie du monde. Cette intolérance a conduit à la mort de Gauri Lankesh, une éminente journaliste bien connue pour l’indépendance de ses reportages.

Aucune région n'a été épargnée par le fléau de la violence dans le journalisme en 2017. Dans les démocraties occidentales, ceux qui ont recours à la violence ont prouvé qu’ils étaient prêts à tout pour protéger leurs entreprises criminelles du regard des médias. Deux femmes journalistes, Kim Wall au Danemark et la journaliste d'investigation Daphne Caruana Galizia à Malte, ont payé de leur vie leur quête de la vérité. Avec Gauri Lankesh, elles comptent parmi les huit femmes journalistes tuées en 2017.

Face à cette sombre réalité, la FIJ a renouvelé son engagement à lever les menaces de violence qui planent sur le journalisme en s'attaquant à l'impunité et en proposant une nouvelle convention internationale sur la sécurité et l'indépendance des journalistes et autres professionnels des médias.

La Opens external link in new windowConvention vise à fournir aux journalistes et aux autres collègues un moyen international plus efficace pour contester le manque d'action des gouvernements pour lutter contre l'impunité et traduire en justice les assassins des professionnels des médias.  

"La crise sécuritaire dans le journalisme ne permet pas le statu quo et il y a un besoin désespéré d'un nouvel instrument qui permettrait enfin la mise en œuvre des nombreuses résolutions existantes portant sur la protection des médias", a ajouté le Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger. "Nous demandons instamment que cette nouvelle Convention soit adoptée afin de soutenir d'autres efforts en cours pour promouvoir davantage la sécurité des journalistes."  

Selon les archives de la FIJ, la région Asie-Pacifique a enregistré le plus grand nombre de morts avec 27 homicides, suivie par le monde arabe et le Moyen-Orient avec 24 meurtres, le continent américain avec 18, l'Afrique avec 8 à nouveau et l'Europe avec 5 meurtres.

Les statistiques relatives au nombre de journalistes et personnels des médias tués en 2017 sont les suivantes

• Attaques ciblées, attaques à la bombe et décès dans des tirs croisés: 82

• Accidents et décès liés à des désastres naturels: 0

• Nombre total de décès: 82 (74 hommes et 8 femmes)  

Les pays connaissant le plus grand nombre de travailleurs des médias tués en 2017 sont:  

Mexique:                       13

Afghanistan:                  12

Irak:                               11

Syrie:                              10

Inde:                               6

Philippines:                     4

Pakistan:                        4

Nigéria:                          3  

Somalie:                         3  

Honduras:                      3

Pour toute question presse, contacter le Secrétaire général de la FIJ Anthony Bellanger : +32 (0)471 23 61 27. 


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