Les dangers rencontrés dans le journalisme ne sont pas limités à la couverture des conflits armés. Le journalisme implique beaucoup plus de problèmes de santé et de sécurité que la normale - et certains de ces problèmes ont des conséquences difficiles à imaginer.
Prenez l’exemple du stress sur le lieu de travail. Le journalisme doit faire face à des exigences constantes, des modifications technologiques, la pression des échéances et des horaires de travail indues. De récentes études montrent que, sur une échelle du stress, les journalistes connaissent un stress de 7.5/10, partageant ainsi la troisième place avec les pilotes d’avion et les gardiens de prison. Parmi tous les emplois considérés, seuls les mineurs et les officiers de police connaissent un stress plus conséquent.
Un rapport du BIT, intitulé "Violence au Travail", détaille les circonstances associées à un risque de violence, qui incluent nombre de situations auxquelles sont régulièrement confrontés les journalistes. Il en va ainsi des situations impliquant un contact avec le public, des confrontations avec l’extérieur, des membres du public stressés ou agressifs, des employés travaillant seuls ou des situations interférant avec la vie des gens.
Les nouvelles technologies ont apporté leur lot de problèmes. Vingt années de travail sur ordinateur, sous forte pression, avec des équipements inadéquats et trop peu de temps de repos, ont créé des blessures à répétition- tenosynovitis, epicondylitis, tendinites au cou et aux épaules- les maladies professionnelles du journalisme moderne. Certains journalistes ont obtenu des compensations substantielles, d’autres ont perdu leur emploi. La fatigue visuelle engendrée par le travail sur ordinateur peut créer des risques supplémentaires lors des trajets de retour au domicile.
L’apparition de nouveaux problèmes – le SRAS et l’anthrax n’ont été que récemment reconnus comme de possibles risques professionnels pour les journalistes– crée des conditions d’emplois qui appellent une réelle vigilance des syndicats, de la salle de presse jusqu’aux nouveaux lieux de travail locaux et internationaux.




