Non à l'impunité-2016

Selon les statistiques de la FIJ, 68 journalistes ont perdu la vie cette année dans l’exercice de leur profession. Actuellement, seul un assassinat sur dix fait l’objet d’une enquête. Ne parlons pas des agressions non mortelles à l’encontre de journalistes, le tableau est encore plus sombre ! Les gouvernements ne remplissent pas leur devoir de poursuite des auteurs de harcèlements, d’agressions, d’assassinats à l’encontre des professionnels des médias. L’impunité met en danger les journalistes, menace gravement la démocratie et compromet les espoirs de paix et de développement. Pourtant, les dispositions légales de protection des journalistes en tant que personnes civiles existent et les États ont le devoir de les appliquer aux termes du droit national et international.

Notre campagne 2016 #endimpunity a pour finalité de dénoncer ces records d’impunité dont sont responsables les gouvernements ainsi que toute agression perpétrée contre des journalistes et demeurée impunie.

De nombreux affiliés nous ont déjà rejoint.

Si le meurtre est la forme la forme la plus violente de ces agressions, toutes celles qui n’ont pas été sanctionnées doivent être dénoncées.

Tout en pointant tous les gouvernements qui n’ont pas enquêté sur ces délits, la campagne contre l’impunité se focalise sur quatre pays : Opens external link in new windowle Mexique, Opens external link in new windowle Pakistan, Opens external link in new windowl'Inde, et Opens external link in new windowle Yémen.

L’Inde est la plus grande démocratie du monde, dotée d’un appareil judiciaire robuste et de médias indépendants. Pourtant, le nombre de meurtriers de journalistes restés impunis atteint des records et c’est la raison pour laquelle l’inde est l’un des pays cibles de la campagne contre l’impunité. Avec 95 morts depuis 1990, sans aucune poursuite judiciaire dans la majorité des cas, l’impunité est chose commune. Les journalistes principalement pris pour cible sont ceux des petites villes, des zones rurales et ceux travaillant dans la presse régionale.  

Le Pakistan est depuis longtemps l’une des régions les plus dangereuses du monde pour les journalistes, avec 102 journalistes et professionnels des médias tués depuis 2005. Depuis 2010, 73 professionnels des médias ont été tués, l’équivalent d'un journaliste par mois. L’insurrection armée et la violence sectaire sont responsables d’un certain nombre de ces morts, mais les soupçons pèsent également sur les institutions étatiques.

Au Mexique, au moins 57 journalistes et professionnels des médias ont perdu la vie dans le cadre de leur profession depuis 2010, dont 8 en 2016. Ces pertes s’inscrivent dans un contexte général de violence qui affecte le pays depuis le début de la guerre contre la drogue. Dans les états du Veracruz et de l’Oaxaca, la situation est particulièrement délicate à cause de l’infiltration du trafic de drogue au sein même des forces de sécurité.

La FIJ dénombre 20 journalistes tués au Yémen depuis 2011, dont 5 depuis début 2016. De plus, 16 reporters demeurent incarcérés, conséquences des combats que se livrent les Houthis, la coalition menée par l’Arabie Saoudite et al-Qaida. Certains ont été victimes de torture, comme dénoncé par la FIJ et son affilié YJS en avril dernier. Les journalistes sont accusés par les parties belligérantes de s’associer à la partie rivale et de défendre ses intérêt. A cause de cela, ils doivent faire face à des menaces de mort ou de torture de manière quotidienne.

Il n’y a pas de liberté de la presse lorsque la peur tenaille les journalistes.

Rejoignez la campagne de la FIJ dès maintenant, faites preuve de solidarité et de soutien en participant aux activités prévues cette année!

Contexte

La Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes a été adoptée le 18 décembre 2013 par l’ONU et sera célébrée le 2 novembre, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de deux reporters de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, Mali, en 2013.

Cette Journée précède une date importante, celle du 23 novembre, lorsqu’en 2009, avait lieu le massacre de Maguindanao aux Philippines au cours duquel au moins 32 journalistes ont perdu la vie dans ce qui reste l’agression la plus meurtrière contre les médias.

Nos actions

  • Nous organisons à Bruxelles une conférence internationale le 7 Novembre “Impunité:  Transformer les paroles en actes”. Le programme est ici. Pour s’inscrire c’est Opens external link in new windowici. Notez que les frais de voyage et d’hébergement ne sont pas remboursés.
  • Nous coopérons avec nos organisations affiliées dans le cadre de campagnes qui ciblent le Mexique, le Yémen, le Pakistan et l'Inde pour y réclamer justice et la résolution des cas d’impunité.
  • Nous tenons les gouvernements et les gouvernments de facto du Yémen, du Mexique, du Pakistan et de l'Inde.
  • Nous en appelons aux organisations intergouvernementales pour qu’elles dénoncent l’impunité et se mobilisent pour soutenir notre campagne.
  • Nous organisons la couverture médiatique de la question de l’impunité.
  • Notre 26ème Liste des journalistes tués sera présentée début janvier 2017, dans le prolongement de notre campagne.

Engagez-vous!

  • Envoyez-nous Opens window for sending emailconfirmation de votre soutien à cette importante campagne. Nous y ferons référence dans nos différentes communications.
  • Tenez-vous informé(e)s! Aimez notre page Opens external link in new windowFacebook et suivez-nous sur Twitter: @IFJGlobal @ifjasiapacific @IFJAfrica @FIP_AL#endimpunity pour demeurer informé (e)s des évolutions de la campagne.
  • Téléchargez l’affiche de campagne enOpens external link in new window FR et utilisez-la au cours de la campagne en l’introduisant dans votre signature électronique, sur votre compte Twitter, sur votre page Facebook et sur votre site. Encouragez tous vos membres et amis à la télécharger. Prenez des photos de vous la brandissant, envoyez-la nous, partagez-la sur Facebook, postez-la sur Twitter, et joignez-y un message bref au Président ou Premier ministre de votre pays, lui demandant de prendre position publiquement contre l’impunité des attentats perpétrés contre des journalistes.

1. Modèle sur Twitter : « Président ou Premier ministre (ajoutez le nom du pays), sur @UN Day v. impunity, que faites-vous pour mettre un terme à la violence contre des journalistes en (ajoutez le nom du pays) #endimpunity ? »

2. Modèle sur Facebook : « Cher/chère (ajouter M/Mme le/la Président/e ou Premier ministre), En cette Journée de l’ONU contre l’impunité des agressions perpétrées contre des journalistes, nous vous demandons instamment de prendre publiquement position contre toute forme de violence à l’égard de professionnels de médias en (ajoutez le nom de votre pays) et enjoignez vos services à enquêter sur tous les attentats contre des journalistes et du personnel des médias. Merci. ». Envoyez-nous ces messages afin de pouvoir les partager avec la famille de la FIJ.

  • Proposez à vos rédactions un sujet sur l'impunité pour marquer la journée du 2 novembre
  • Envoyez une lettre à votre gouvernement ou aux gouvernements des pays concernés dans lesquelles vous dénoncez leur responsabilité dans les records d’impunité enregistrés. Utiliser les modèles disponibles pour les Philippines, le Initiates file downloadMexique, le Pakistan et l'Inde.
  • Organisez une visite aux ambassades concernées dans votre pays pour leur remettre la lettre, photographiez l’instant et diffusez largement ces photos. Envoyez-nous ces photos afin qu’elles soient partagées au sein de notre propre réseau et puissent vous soutenir dans votre action. Vous pouvez utiliser les modèles de lettre proposés pour le Mexique, le Yémen, le Pakistan et l'Inde.
  • Commémorez les journées spéciales de dénonciation de l’impunité : la Journée de l’ONU contre l’impunité (2 novembre) et la Journée de commémoration du massacre de Maguindao (23 novembre). Organisez une marche ou une activité (conférence, minute de silence, photo de groupe brandissant l’affiche contre l’impunité) pour exprimer votre solidarité. Prenez des photos des activités, partagez-les sur les médias sociaux et avec nous.
  • Produisez une courte vidéo : Si vous connaissez un (e) collègue ou un (e) membre de la famille d’un journaliste assassiné dans votre pays, demandez-lui la possibilité d’enregistrer un message vidéo de deux minutes faisant valoir que justice doit être faite pour les personnes chères ainsi perdues. Nous pourrons publier cette vidéo sur le site de la FIJ ou la partager sur nos réseaux sociaux.

Outils de campagne

Initiates file downloadTéléchargez l’affiche. Pour Twitter, c'est Initiates file downloadici. Pour Facebook, c'est Initiates file download.

Regardez et partagez les messages vidéo. Opens external link in new windowJefry Tupas, dirigeant de la section de Mindanao du National Union of Journalists aux Philippines (NUJP). 

 

Plus d'informations

Opens external link in new windowLa Sécurité des Journalistes et le Danger de l’Impunité, le rapport de la Directrice générale de l’UNESCO. Ce rapport, publié tous les deux ans, informe sur les enquêtes judiciaires d’assassinats de journalistes et d’autres mesures adoptées par les gouvernements pour mettre un terme à l’impunité. Le rapport de 2014 a été préparé suite à la Opens external link in new windowDécision sur la sécurité des journalistes, prise lors de la 28ème session du Conseil intergouvernemental du PIDC en mars 2012, engageant instamment les États membres à « respecter les obligations que leur impose le droit international de mettre un terme à l’impunité » et à « informer la Directrice générale de l’UNESCO, sur une base volontaire, des actions entreprises pour prévenir l’impunité dont jouissent les auteurs d’assassinats condamnés par l’UNESCO et lui notifier l’état d’avancement des enquêtes judiciaires conduites sur chacun de ces assassinats ».

Opens external link in new windowRésolution du Conseil de sécurité de l’ONU 1738 (2006) : La résolution condamne les agressions commises à l’encontre des journalistes dans des pays en situation de conflit et demande instamment aux « États et à toutes les autres parties à un conflit armé de réaliser tout ce qui est en leur pouvoir pour prévenir les violations du droit humanitaire international contre des personnes civiles, parmi lesquelles figurent des journalistes, des professionnels de médias et du personnel associé ».

Opens external link in new windowRésolution du Conseil de sécurité de l’ONU 2222 (2015) : La résolution appelle les États membres à adopter toutes les mesures adéquates pour assurer la reddition de comptes dans le cadre de crimes commis contre des travailleurs des médias au cours de conflits armés et exhorte toutes les parties engagées dans un conflit armé à respecter toutes les obligations de protection des civils, notamment des journalistes, qui leur sont imposées par le droit international.

Opens external link in new windowRésolution 29 de l’UNESCO « Condamnation de la violence contre les journalistes » adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO, lors de sa 29ème session du 12 novembre 1997, qui demande aux États membres de prononcer l’imprescriptibilité des crimes contre des personnes lorsque ces crimes sont « perpétrés pour prévenir l’exercice de la liberté d’information et d’expression ou lorsqu’ils ont pour objet de faire obstruction à la justice », et qui engage instamment les gouvernements à « affiner leur législation en vue de pouvoir poursuivre et condamner les instigateurs d’assassinats de personnes dans l’exercice de leur droit à la liberté d’expression ».