23 novembre 2011
Mettre un terme à l'impunité constitue la meilleure prévention contre la violence visant les journalistes, selon la FIJ
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a déclaré que la Journée
internationale contre l'impunité, qui est célébrée pour la première fois
aujourd'hui ,est un appel pour les gouvernements du monde entier pour qu'ils
préviennent et répriment la violence contre les journalistes, et contribuent par
conséquent à rendre le journalisme plus sûr. La FIJ et ses syndicats membres participent
à cet événement mondial qui est célébré aujourd'hui pour marquer le deuxième
anniversaire du massacre de Maguindanao aux Philippines de 23 Novembre 2009,
qui a coûté la vie à 32 journalistes et à de nombreux autres civils.
"De la Somalie au Sri Lanka, du Mexique aux Philippines et au Pakistan en passant par
l'Irak et l'Érythrée, les journalistes continuent à être passés par le fil de
l'épée dans une impunité totale", a déclaré Jim Boumelha, Président de la
FIJ. "L'écrasante majorité des victimes sont des journalistes locaux et
nationaux qui se voient refuser par leurs propres gouvernements à la fois la protection et la justice auxquels
ils ont droit. Aujourd'hui, nous honorons leur mémoire mais déclarons fermement
notre détermination de mettre un terme à
l'impunité, ce qui serait un héritage durable de leur sacrifice. "
La FIJ a déclaré dans une lettre aux ambassades des pays les plus dangereux
pour les journalistes, Irak, Mexique, Philippines, Pakistan et Somalie compris,
que la culture de l'impunité est le principal facteur à l'origine de la
violence visant les médias.
"Ces crimes ne comportent aucun risque sérieux d'enquêtes ou poursuites et,
dans de nombreux cas, mettent en exergue l'absence de la primauté du droit, en
raison soit de la corruption policière, de l'incompétence judiciaire ou de l'indifférence
politique», disait à la lettre de la FIJ.
Les syndicats membres de la Fédération à travers le monde ont fait écho à ce
message et ont exhorté les gouvernements dans chaque pays et dans chaque région
à prendre rapidement des mesures de correction, en citant des cas d'assassinats
de journalistes qui restent non-résolus en
Afrique, en Asie-Pacifique, en Europe, au Moyen-Orient et dans le monde arabe
et en Amérique latine.
La Fédération des Journalistes Africains (FAJ) a souligné la façon dont la
guerre civile a ruiné la Somalie et continue à coûter la vie à des journalistes,
tandis que leurs collègues de pays comme la Gambie et l'Érythrée ne sont pas
mieux lotis. Les syndicats en Asie-Pacifique se sont focalisés sur la nécessité
de rendre justice aux journalistes tués, tels que les victimes du massacre de
Maguindanao et de Lasantha Wickeramatunge au Sri Lanka. Au Moyen-Orient et dans
le monde arabe, où au moins 30 journalistes sont morts en 2011, dont la plupart
couvraient alors les événements du Printemps arabe, les syndicats membres de la
FIJ appellent à l'arrêt des assassinats de journalistes en Irak, en Palestine,
au Yémen, en Egypte et au Liban et à ce
que leurs auteurs soient poursuivis en justice. L'organisation régionale de la FIJ
en Amérique latine, FEPALC, exige également la justice pour les journalistes
tués, notamment au Mexique et au Honduras. Le syndicat colombien, FECOLPER, a
organisé des minutes de silence en mémoire des journalistes tués sur les médias
audiovisuels colombienne tout au long de la journée.
Leurs collègues européens prennent également part à des activités pour mettre
fin à l'impunité et faire preuve de solidarité avec les journalistes tués et
ceux qui sont contraints à l'exil pour sauver leur vie. La principale
manifestation européenne aura lieu à Londres, co-parrainée par la FIJ, le
Syndicat National des Journalistes de Grande-Bretagne et d'Irlande (NUJ) et le
Syndicat national des journalistes des Philippines. L'événement sera consacré en
particulier à l'horreur du massacre de Maguindanao, et à la culture d'impunité
qui prévaut dans le pays en général.
Pendant ce temps, le Syndicat norvégien des journalistes organise à Oslo un
débat avec des journalistes en exil pour partager les expériences de leur exil
forcé et de leur lutte constante pour parler au nom de leurs collègues moins
fortunés qui ont été réduits au silence pour de bon.
De leur côté, les syndicats membres de la FIJ en Russie et dans les pays de la
CEI appellent à des poursuites efficaces
contre les meurtriers de leurs collègues, dont Anna Politkovskaïa en Russie,
Georgy Gongadze en Ukraine et Elmar Huseynov en Azerbaïdjan.
«Il est temps de lever le voile de l'impunité, qui a empêché les familles et
les collègues de ces journalistes d'obtenir justice pour leurs proches», a
ajouté Beth Costa, Secrétaire Générale de la FIJ. "Le message
d'aujourd'hui est que le statu quo n'est pas une option face aux tragédies qui
continuent à s'abattre sur nos collègues."
Pour plus d'informations, veuillez
contacter la FIJ au + 32 2 235 22 07
La FIJ représente plus de 600.000
journalistes dans 131 pays







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