17 juin 2009
Les médias bâillonnés en Iran: une menace pour la démocratie, selon la FIJ
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) appelle la communauté internationale à réagir le plus vite possible pour protéger les journalistes qui travaillent en Iran, où le régime tire à boulets rouges sur les médias locaux et internationaux en les accusant d’inspirer les émeutes et les protestations qui ont suivi l’issue, très controversée, des élections.
« Deux questions nous préoccupent », a déclaré Aidan White, Secrétaire général de la FIJ, « tout d’abord, la sécurité personnelle de nos collègues et, en second lieu, la menace sur la démocratie si le gouvernement réussit à forcer les médias au silence en recourant à l’ intimidation afin de contrôler la diffusion de l’information ».
Sans information libre, la FIJ considère que le gouvernement aura les mains libres pour agir contre les manifestants et pour les arrêter en plus grand nombre. Lorsque les projecteurs seront éteints, leurs actes ne pourront susciter ni la rage à l'intérieur ni l'indignation à l'étranger.
Les autorités iraniennes ont donné l’ordre à certains journalistes de ne pas quitter leur bureaux pour couvrir les manifestations déclenchées par la réélection très controversée du président Mahmoud Ahmadinejad. Le gouvernement tente aussi de bloquer les sites internet et de brouiller les émissions internationales dans ses efforts de filtrer l’information sur les protestations populaires organisées par l’opposition.
Des journalistes occidentaux à Téhéran ont indiqué à la FIJ que les autorités refusent de renouveler les visas qui expirent à brève échéance pour les forcer à quitter le pays. Un certain nombre d’entre eux, dans cette situation, seraient ainsi obligés de quitter l’Iran d'ici dimanche prochain.
La FIJ lance un appel à l’ONU pour qu’elle s’exprime et souligne que quelques pays occidentaux ont réagi contre les violations de la liberté de presse en Iran. La FIJ souligne la nécessité d’une condamnation internationale unanime des attaques contre les médias. Ces attaques, pour la FIJ, constituent une violation des droits fondamentaux et des libertés des journalistes.
« Une initiative du Secrétaire Général des Nations Unies est nécessaire pour obliger Téhéran à accepter ses obligations internationales », a ajouté White. « La colère des électeurs iraniens ne peut pas être reprochée aux médias. L’une des preuves de la démocratie est justement le respect de la liberté d’expression de points de vues contraires. Les actions du régime contre les médias ne pourront qu’empirer la situation et attiser les soupçons et la peur ».
La FIJ déclare que la censure ne pourra pas calmer la situation dans la rue, mais au contraire, renforcera la méfiance et contribuera à étendre le soupçon sur un pouvoir cherchant à éviter des élections libres.
Pour plus d’ information, veuillez contacter la FIJ au + 32 2 235 22 07
La FIJ représente environ 600,000 journalistes dans 123 pays





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