07 août 2010

Les journalistes condamnent la répression en France contre les Roms et mettent en garde contre la montée du racisme

La Fédération internationale des journalistes et sa section régionale, la Fédération européenne des journalistes, ont condamné aujourd’hui la répression déclenchée par les autorités françaises contre les membres de la communauté Rom, avertissant que cela encourage la xénophobie et l’intolérance. Elles accusent également la police d’entrave au travail des journalistes, empêchés de couvrir le raid lancé hier à l’aube contre un camp.

 

Selon la FIJ, les journalistes ont été empêchés par la police de couvrir leur raid contre un campement de gitans dans la vile de Saint-Etienne (centre de la France) où l’on a assisté à l’expulsion par la force d’un campement illégal auquel la municipalité avait pourtant fourni de l’eau potable et des toilettes chimiques.

 

C’est la première action de la police depuis que le président Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures énergiques dans les semaines à venir, parmi lesquelles l’expulsion de Roms de 300 campements illégaux.

 

« L’attitude intolérante du gouvernement n’aura pour seul résultat que d’encourager une résurgence du racisme et de la xénophobie », a déclaré Aidan White, secrétaire général de la FIJ. « Ce genre d’action contre des personnes venant d’autres pays de l’Union européenne est à la fois discutable sur le plan légal et irresponsable, car elle alimente les tensions entre les communautés.»

 

Pour la FIJ, toute complaisance envers l’extrémisme et le racisme ne fera qu’encourager la propagande xénophobe et augmentera la pression sur les journalistes et les médias.

 

« D’ores et déjà, on nous signale que la police, à Saint-Etienne, a empêché les journalistes de couvrir leur raid contre le campement », a déclaré White. « C’est totalement inacceptable. La France n’est pas un Etat policier et les médias doivent pouvoir informer librement. Si les journalistes et les médias ne peuvent pas accéder à la vérité, comment le public saura-t-il si la légalité est respectée ? »

 

Pour la FIJ, les déclarations des responsables français selon lesquels il est prévu d’expulser de France tous les Roms sans papiers vers la Roumanie paraissent constituer une entrave au droit à la libre circulation au sein de l’Union européenne.

 

Le nombre de 15 000 gitans et Roms vivant en France et originaires d’Europe de l’Est est évoqué, la plupart vivant dans des campements autorisés, mais d’autre ayant dû s’installer dans des campements illégaux du fait de l’insuffisance des infrastructures. Les dernières actions font suite à un incident le mois dernier au cours duquel un groupe de gens du voyage français ont déclenché une émeute après la mort de l’un d’entre eux, tué par la police à Saint-Aignan (centre de la France).

 

Pour la FIJ, les dernières actions du gouvernement, que nombre de critiques accusent de recourir à des politiques populistes et anti-immigrés pour sortir de la mauvaise passe politique dans laquelle il se trouve, ne font qu’accroître les préoccupations concernant la montée d’un sentiment anti-Roms et de la xénophobie de par l’Europe.

 

« La vérité, c’est que les politiques qui jouent sur la peur et l’incertitude vont rendre la vie difficile à bien des minorités, conduire à la discrimination et risque de soumettre journalistes et médias à l’influence de la propagande raciste de politiciens sans scrupules », a ajouté White. « Les autorités françaises doivent agir avec calme et éviter toute forme de discrimination injuste ».

 

Information: 0032478258669

 

Commentaires :

Fred de Roux

16 août 2010 à 05H49

On a le sentiment que les derniers propos sécuritaires prononcés en France ne peuvent que déclencher de la violence. Cette insécurité qui serait du fait de minorités existe-t-elle vraiment ? Pourquoi jeter l'anathème contre les Roms alors que les véritables fauteurs de troubles étaient des gens du voyage (forains) sédentarisés et non des roumains vivant en caravane ? Je crains que cet amalgame ne favorise la recrudescence d'actes violents de la part d'extrémistes, prêts à fondre comme des vautours sur ces "proies" qui leur sont présentées sur un plateau. Nombreux sont ceux qui pensent et osent dire que cette affaire n'existe que pour que cesse l'affaire précédente qui a tenu les médias en alerte pendant plusieurs semaines. Sans doute fallait-il pour le gouvernement que cette pression autour de l'un de ses ministres retombe. Alors l'explosion de violence de Grenoble est tombée à pic. Quelle aubaine n'est-ce-pas ? Chaque fois qu'il y a une "émeute" en banlieue, elle est tout aussitôt montée en épingle, divulguée largement et surtout récupérée afin que cela devienne une "affaire d'état". L'insécurité aujourd'hui, quoi qu'on en dise, n'est pas plus grande qu'hier. En revanche, on risque de se retrouver effectivement en totale insécurité si l'on persiste à monter les gens contre des minorités quelles qu'elles soient. L'image que donne aujourd'hui la France n'est pas flatteuse. Le commun des mortels subit la pression étatique : il est le complice involontaire du tout sécuritaire. Et pour quelques uns à qui cela complaît, les autres risquent de payer au prix fort une idéologie déplaisante et malsaine.

Si vous ne voyez pas un commentaire que vous avez ajouté c'est qu'il est en cours de modération ou a été rejeté.

Ajouter un commentaire :

Sur {SITE_NAME} vous pouvez exprimer votre opinion sur les contenus.

Cette section est modérée. Les textes ne sont publiés qu'après modération. {SITE_NAME} se réserve le droit de rejeter tout commentaire ne respectant pas la ligne éditoriale.