15 mars 2010

Les journalistes africains s'opposent à un projet de loi « rétrograde » sur la presse en Ouganda

La Fédération Africaine des Journalistes (FAJ), l'organisation régionale africaine de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), a fortement critiqué aujourd'hui le caractère rétrograde du projet de loi portant amendements de la loi sur la presse et les journalistes en Ouganda soulignant qu’il constitue un obstacle majeur à la liberté de la presse et aux normes démocratiques dans le pays.

Selon le Syndicat des Journalistes d'Ouganda (UJU), affilié à la FAJ et à la FIJ, le projet de loi comporte de nombreux articles et clauses contraignants, autocratiques et flous qui limiteront sévèrement la liberté de la presse et le droit des journalistes à fournir des informations impartiales, indépendantes et fiables aux citoyens à la veille des élections prochaines.

Ce projet de loi qui a été soumis au cabinet exigerait des journaux de renouveler leur autorisation de publication chaque année et leur interdirait également « de publier toute information de nature à porter préjudice à la sécurité nationale, à la stabilité et à l'unité ou tout sujet pouvant nuire aux relations de l'Ouganda avec ses voisins et amis ainsi que toute information ayant trait au sabotage économique ».

« Ce projet de loi comporte des dispositions dangereuses qui pourraient affaiblir la liberté de la presse en Ouganda et exercer une pression excessive sur la pratique du journalisme professionnel en Ouganda », a déclaré Omar Faruk Osman, Président de la FAJ. « Nous soutenons les protestations de la presse ougandaise contre cette menace sans précédent pour les journalistes indépendants et les journaux critiques».

La FAJ indique que la communauté ougandaise de médias s’emploie activement à relever les défis de travailler en toute liberté et dans un environnement qui ne tolère aucune forme d’ingérence et intimidation. La Fédération regrette dès lors que le gouvernement ougandais a choisi de ne pas effectuer des consultations avec les organes de presse qui sont les premiers concernés et des représentants de la société civile pendant la rédaction de la nouvelle loi.

« Nous exhortons le gouvernement ougandais à suspendre ce projet de loi pour permettre un dialogue avec les journalistes et les maisons de médias, basé sur les normes et les principes fondamentaux de la liberté d'expression », a ajouté Omar Faruk « Nous sommes convaincus que si ce projet passe en son état actuel, la nouvelle loi sera utilisée comme moyen de répression».

La FAJ mène une campagne en faveur de l’application des principes de la liberté de la presse, tels que stipulés dans la déclaration de Windhoek sur l'indépendance et le pluralisme dans les médias sur le continent africain. Ces principes seraient menacés si le gouvernement ougandais adopte  le projet de loi portant sur les journalistes et les médias.

 

Pour plus d'information entrez en contact avec +221 33 867 95 87

La FAJ représente plus de 50.000 journalistes dans 36 pays en Afrique

Ouganda, Afrique de l'Est, Afrique, Communiqué de Presse

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