23 mai 2008

La lettre du secrétaire général


Bienvenue.

 

Commençons -c'est de circonstance !- par un scoop.

 

Félicitations à Amy Goodman, la militante sur internet de Democracy Now !, pour son interview avec Adrienne Kinne, sergent à la retraite, qui a révélé que les États-Unis visaient délibérément les journalistes durant les premiers jours de la guerre d'Irak.

 

Elle raconte comment l'armée des États-Unis mettait sur écoute les téléphones des jouranlistes que l'Hôtel Palestine où étaient rassemblés les médias, sur lequel un tank américain a tiré, tuant deux journalistes, était sur une liste de d'objectifs militaires potentiels.

 

Cinq ans après les attaques américaines contre les médias à Bagdad le 8 avril 2003 (y compris le bombardement du bureau d'Al Jazeera au cours duquel le reporter de la chaîne Tareq Ayyoub a été tué, l'armée américaine n'ayant jamais daigné ouvrir une enquête), la vérité finit par émerger.

 

Qu'il y ait matière à une enquête exhaustive sur le traitement par l'armée américaine des reporters (ceux qui ne sont pas « embedded ») est indiscutable. Les familles et les confrères des victimes José Cuoso de Telecinco, du journaliste reporteur d'image de Reuters Taras Protsyuk et de Terry Lloyds d'ITN qui sont morts des mains de soldats américains dans les premiers jours du conflit, ont droit à la justice après des années de mensonges et de propagande officiels.

 

Et il en va de même des vivants. Parmi ceux qui vont suivre avec attention les derniers développements se trouvent Eason Jordan, ancien responsable de CNN, et Linda Foley, la présidente de la Newspaper Guild. Jordan a été chassé de son emploi et Foley a été victime d'une méprisable campagne de calomnies parce que tous deux avaient suggéré que les États-Unis, effectivement, s'en prenaient délibérément aux médias durant la campagne d'Irak.

 

La question que l'on ne peut manquer de se poser tout au long de cette incessante polémique est de savoir pourquoi les États-Unis feraient une telle chose. Il se peut que la réponse soit toute simple : D'entrée de jeu, les États-Unis ont fait clairement savoir qu'ils n'étaient pas satisfaits de la présence de plusieurs centaines de journalistes non « embedded », ceux que l'on a surnommé les « unilatéraux » arpentant la région alors qu'ils entraient en guerre. En l'absence de garantie que Bagdad et Saddam tomberaient rapidement, ne s'agissait-il pas d'un message fort aux médias qui échappaient à leur contrôle de ne pas franchir la ligne rouge ? Tant qu'une enquête digne de ce nom n'aura pu avoir lieu permettant enfin de savoir pourquoi les médias ont été visés, nous ne le saurons jamais.

 

La FIJ n'est pas la seule à avoir subi un lifting. Le mouvement syndical mondial a également rénové son site internet. Les pages new-look du syndicalisme international peuvent être trouvées à http://www.global-unions.org/ qui met en valeur les dernières nouvelles et les campagnes les plus récentes de dix fédérations syndicales internationales (parmi lesquelles la FIJ) de même que la Confédération syndicale internationale et la Commission syndicale consultative auprès de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

 

Le pluralisme était cette semaine au cœur des discussions à Chisinau (la capitale de la Moldavie) où des responsables gouvernementaux, des militants pour la défense des droits de l'Homme et des militants du secteur des médias ont participé deux jours durant à des discussions dans le cadre de l'Union européenne sur la liberté d'expression dans les pays riverains de la mer Noire.

 

Les hôtes de cette conférence ont été mis sur le gril avec les critiques exprimées contre le Conseil de coordination de l'audiovisuel moldave qui, au début du mois, a alloué les licences pour 16 fréquences radio et 60 canaux de télévision. Bien que les licences soient censées être attribuées en fonction de critères pluralistes, aucune n'a été accordée aux stations qui donnent l'accès aux ondes aux partis d'opposition ou qui diffusent des opinions critiquant le gouvernement.

 

Par exemple, l'infatigable radio Vocea Basarabiei n'a reçu aucune des huit fréquences FM auxquelles elle s'était portée candidate et s'est vu refuser pour la 26ème fois -ce n'est pas une erreur d'impression- sa demande d'une fréquence dans la capitale. En revanche, les stations proches des partis politiques alliés au parti au pouvoir, PRCM et PPCD, ont obtenu plus de 230 fréquences.

 

Le pluralisme des médias est-il en sécurité en Moldavie ? c'est la question posée par la FIJ lors de cette réunion. Le président de séance a demandé aux responsables moldaves s'ils voulaient répondre. Ils se sont sagement réfugiés dans le silence.

 

Cette tribune, comprenant commentaires et brèves informations, sera régulièrement mise à jour sur notre nouveau site web. Si vous avez des commentaires, critiques ou autres, sur cette tribune ou sur d'autres aspects de notre nouvelle présentation, n'hésitez pas à me les transmettre. Je ne promets pas de vous donner satisfaction mais toutes les propositions constructives seront lues et prises en considération.

 

Aidan White

Secrétaire général

 

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