12 février 2010

La FIJ demande la libération de deux journalistes au Cameroun

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd’hui la détention prolongée des journalistes Simon Hervé Nko’o, correspondant à Yaoundé de l’Hebdomadaire Bebela et de Serge Sabouang, Directeur de publication du bimensuel La Nation, arrêtés le 5 février 2010 par des éléments de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE, spécialisée dans le renseignement).

« Il y a  une volonté manifeste des autorités camerounaises de mettre au pas la presse libre et indépendante», a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ.  « Nous craignons pour la vie et la santé de nos collègues, d’autant plus qu’ils sont détenus dans les locaux de sinistre mémoire de l'ancienne police politique, le CENER qui est un haut lieu de torture, réputé pour l’usage de techniques inhumaines d'extorsion d’aveux aux détenus», a-t-il ajouté.

Le vendredi 5 février, au moment où toutes les attentions étaient focalisées sur le procès des 4 journalistes relatif à l’opération Epervier, Simon Hervé Nko’o a reçu la visite des éléments de la DGRE qui ont perquisitionné sa maison avant de la fouiller de fond en comble. Il a été ensuite arrêté de même que Serge Sabouang. Ils sont depuis gardés dans les locaux de la DGRE ou il leur aurait été interdit de communiquer avec leurs proches. Selon des sources locales interrogées à Yaoundé et Douala, il leur est reproché de détenir une note confidentielle datant de juin 2008 qui compromettrait M. Laurent Esso, Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence et Président du Conseil d’Administration de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) à propos de l’achat d’un bateau de plaisance par ladite société.

En outre, deux directeurs de publication Harrys Robert Mintya du journal Le Devoir et Bibi Ngota de Cameroon Express avaient été brièvement arrêtés vendredi dernier avant d’avant d’être libérés. Les agents ont saisi des documents au domicile de M. Mintya qui avait adressé un protocole d’interview à MM. Esso et Adolphe Moudiki Directeur de la SNH en vue d’un article.  Ceci malgré que, jusqu’à présent, aucun article n’a été encore publié sur la question.

La FIJ demande la libération immédiate et sans condition des journalistes et demande aux autorités camerounaises d’arrêter l’acharnement contre la presse indépendante en vue de créer plus de sérénité dans leurs relations avec les médias. Sans une presse libre et indépendante, la démocratie ne sera pas réalisée au Cameroun. 

Pour plus d’informations contacter la FIJ au   +221 33 867 95 87   

La FIJ représente plus de 600,000 journalistes à travers125 pays dans le monde entier

Cameroun, Afrique centrale, Afrique, Communiqué de Presse

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