10 septembre 2008
La FIJ demande au Ministre de la Communication du Niger de mettre fin à la répression contre les membres de la Maison de la Presse
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a demandé aujourd'hui
au Ministre de la Communication du Niger, Mohamed Ben Omar, de mettre fin aux
actes de répression contre les membres de la Maison de la Presse, un groupe
indépendant de soutien aux médias, après qu’il ait menacé de dissoudre son conseil
d'administration et toutes les associations membres.
« Les propos du Ministre Ben Omar
représentent un grave abus de pouvoir et traduisent sa détermination à faire
taire toute voix indépendante qui puisse défendre les journalistes et les
professionnels des médias dans le pays, » a dit Gabriel Baglo, le Directeur du
bureau Afrique de la FIJ. « Nous exhortons le Ministre à mettre fin à
cette répression qui ne fait qu'empirer les relations entre le gouvernement et
la presse ».
Jeudi, M. Ben Omar, Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, a dit à la télévision nationale qu’il allait bientôt écrire au Ministre de l'Intérieur pour lui demander de « dissoudre le conseil d'administration (de la Maison de la Presse), dissoudre toutes les associations qui sont membres du conseil d'administration de la maison de la presse et recommencer les élections. »
Le Ministre a ajouté : « après quoi nous allons nous
retrouver en Assemblée Générale pour rouvrir la maison de la presse. » Il a
également dit que seuls les journalistes et non les organisations de médias
devraient être membres de la Maison de la Presse.
« Le Ministre veut manifestement contrôler la Maison de la Presse, » a
dit Gabriel Baglo. « Mais la Maison de la Presse est une organisation
indépendante avec ses propres statuts et il est inacceptable pour un ministre
de décider qui devrait être membre. »
Lors d'une conférence de presse samedi, le Président du Conseil
d’Administration de la Maison de la Presse, Boubacar Diallo, a dit qu'il avait
rencontré M. Ben Omar le 19 juillet, quelques jours après que le gouvernement ait
saisi les locaux de la Maison de la Presse. Le Ministre a fait valoir que le
gouvernement avait saisi le bâtiment en raison de « l'ingérence d’ONG
étrangères » et a expliqué la nécessité pour le gouvernement d'avoir deux
représentants dans le conseil d’administration de la Maison de la Presse.
M. Diallo a déclaré que lors d'une réunion du conseil d'administration et une
Assemblée Générale extraordinaire des 14 organisations membres, les
propositions du ministre ont été rejetées à l’unanimité. Ils ont informé le
Ministre de leur décision le 11 août.
La FIJ est préoccupée d’autant plus que cette répression survient alors que les
attaques et la persécution à l’encontre augmentent.
Les récents cas comprennent l'arrestation et l’emprisonnement depuis près d'un
an du journaliste Moussa Kaka, soupçonné de collusion avec les rebelles.
Le Directeur de publication du journal privé Le Canard Déchaîné, Abdoulaye Tiémogo, a fui le pays le mois
dernier en raison de supposées menaces sur sa vie après une série d'articles où
il a demandé au Président de ne pas modifier la Constitution afin de pouvoir se
présenter pour un autre mandat. M. Tiémogo a expliqué à la FIJ que la police a
également fouillé son domicile et son bureau pour tenter de l’arrêter.
Le 19 août, le Haut Conseil de la Communication du Niger, l'instance de
régulation du gouvernement, a suspendu pour un mois Radio et Télévision Dounia pour « non
respect des cahiers des charges. » Selon la direction de la Radio et
Télévision Dounia, l’instance de régulation n’a donné ni notification
ni précisions supplémentaires.
Pour plus d’informations, merci de
contacter le + 221 33 842 01 43
La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 122 pays dans le monde







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