25 octobre 2002

La FIJ demande à l'Irak d' "affronter le regard du monde" et de lever la menace d'expulsion qui pèse sur les journalistes

La Fédération internationale des journalistes a appelé aujourd'hui l'Irak à lever sa menace d'expulser, la semaine prochain, tous les correspondants étrangers présents dans le pays.

"En cette période de crise, l'Irak devrait avoir le courage d'affronter le regard du monde", a déclaré Aidan White, Secrétaire général de la FIJ, "ce n'est pas le moment de remplacer la couverture des événements se passant à l'intérieur des frontières par de la propagande."

La décision irakienne annoncée hier fait suite à des plaintes quant au travail de certains journalistes étrangers en reportage dans le pays. Le gouvernement a déclaré qu'il consentira à ce qu'un nombre limité de journalistes revienne, mais seulement s'ils acceptent de travailler en se conformant à des règles très strictes. Les restrictions proposées limiteront la présence des agences de presse étrangères à un seul journaliste non-irakien par organisation, qui ne pourra rester en Irak que pour un maximum de 10 jours par séjour.

"C'est une mauvaise nouvelle pour l'opinion publique et pour l'Irak", a déclaré M. White. "Un large public autour du globe est assoiffé de nouvelles sur ce qui se passe dans la région. Expulser les journalistes empêchera ces personnes d'avoir accès à la vérité et développera l'ignorance, la spéculation et la rumeur."

La FIJ a également averti qu'une couverture médiatique à l'intérieur des frontières irakiennes exercée par les seuls journalistes irakiens, portera ombrage à la qualité de l'information. " Beaucoup de journalistes irakiens s'efforcent de faire preuve de professionnalisme mais le fait est que les journalistes ne sont pas en mesure de réaliser des reportages librement dans un climat politique hostile au journalisme indépendant ", a déclaré M. White.

Il s'agirait de représailles du gouvernement irakien aux reportages du réseau américain CNN, considéré comme le porte-voix du gouvernement américain.

"Voilà une bien étrange manière d'affronter cette prétendue partialité", a déclaré Aidan White. "Si le gouvernement pense ce qu'il dit, il devrait ouvrir le pays le plus largement possible aux journalistes de tous les réseaux. Le professionnalisme des journalistes est à son apogée lorsque les événements sont couverts dans leur intégralité par une large variété de médias."

" Il nous faut donc conclure que la dénonciation de cette partialité n'est qu'une excuse pour intimider les médias indépendants."

La FIJ pense que la couverture de la crise actuelle est un test important pour les journalistes. "Chacun s'attend à ce que sa version des fait soit seule prise en compte par les journalistes" a déclaré Aidan White mais là n'est pas notre rôle. Les gouvernements de toutes tendances devraient résister à la tentation d'exercer des pressions sur les médias. Les gens ont besoin d'une information qui soit sûre, impartiale et opportune, pas d'une information manipulée par les politiciens."

La FIJ a écrit au Président irakien Saddam Hussein pour lui demander instamment d'intervenir afin que les médias aient un accès illimité au pays.
Asie et Pacifique, Irak, Communiqués de presse

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