31 décembre 2009
La FIJ condamne les intimidations envers un dirigeant syndical en Tunisie
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)
a protesté vigoureusement suite aux tentatives de la police tunisienne
d'empêcher Néji Bghouri, le Président du Syndicat National des Journalistes
Tunisiens (SNJT), d'entrer dans son bureau au journal Essahafa mercredi.
La police ne s'est retirée qu'après que Néji
Bghouri et ses collègues aient dénoncé son action.
"Nous condamnons cette nouvelle tentative
d'intimidation commise par les autorités tunisiennes", a déclaré
Aidan White, Secrétaire général de la FIJ. "Cette action démontre
le peu de cas dont les agences d'état font des journalistes et des citoyens à
l'esprit indépendant."
Selon le SNJT, des policiers en civil ont empêché
M. Bghouri d'entrer dans son bureau quand il est arrivé mercredi après-midi
pour travailler, sous prétexte qu'ils suivaient les ordres du Ministère de
l'Intérieur. Dans le face-à-face qui a suivi, M. Bghouri a été rejoint par des
collègues et des passants qui ont empêché la police d'agir. Après des échanges furieux,
la police a dû partir et M. Bghouri a pu rentrer dans son bureau.
La FIJ affirme que les médias tunisiens
indépendants sont victimes d'une campagne de harcèlement et d'intimidation
jouissant du soutien du gouvernement depuis la scission de la direction du
SNJT, qui a vu la création l'été dernier d'un comité directeur rival et
pro-gouvernemental cherchant à contrôler le syndicat.
Il s'agit ici du dernier exemple d'une série
d'intimidations envers des journalistes indépendants ces derniers mois. Les
journalistes Slim Boukdhir et Omar Mestiri ont été attaqués et brièvement
détenus par des personnes non-identifiées et le journaliste bien connu Taoufik
Ben Brik a été condamné à six mois de prison le 26 novembre dernier pour
agression, dommages criminels et violation de la pudeur publique. Son collègue
Zoheir Makhlouf a écopé de trois mois de prison et a été condamné à une amende
de 3.000 euro pour avoir mis sur Internet une vidéo rendant compte de problèmes
environnementaux, économiques et sociaux dans un quartier industriel.
"Ce ne sont pas des incidents isolés", a
ajouté M. White. "Les discriminations et les intimidations sont organisées
et nous nous y opposons vigoureusement. Le gouvernement ne doit pas s'ingérer
dans le journalisme et doit permettre à des voix libres de s‘exprimer dans les
médias du pays".
Pour plus de renseignements,
veuillez contacter la FIJ au numéro suivant :
+32 2 235 2207
La FIJ représente plus de
600.000 journalistes dans 125 pays







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