04 juillet 2008
La FEJ appelle les autorités britanniques au “strict respect” des principes de protection des sources
La Fédération européenne des journalistes (FEJ), le groupe européen de la Fédération internationale des journalistes, a apporté aujourdhui son soutien au syndicat des journalistes britanniques (NUJ) appelant la police à respecter strictement les droits et les libertés qui protègent les journalistes.
Cet appel fait suite à une décision de la Haute Court de justice, hier jeudi 3 juillet, selon laquelle le journaliste membre du NUJ Shiv Malik devait livrer dans un délai de sept jours des documents relatifs à des entretiens avec Hassan Butt, qui est suspecté de terrorisme. Le journaliste s’est servi de ces entretiens pour écrire son livre – Leaving al-Qaeda Inside the Mind of a British Jihadist (Quitter Al Qaeda, dans la peau d’un Jihadiste britannique).
Le mois dernier, suivant une procédure judiciaire financée par le NUJ et le Sunday Times, les juges avaient ordonné une révision de l’instruction confiée à la Police de Manchester car ils estimaient qu’elle couvrait un champs d’informations trop vaste, ce qui aurait porté atteinte au principe de protection des sources.
Suivant cette décision, M. Malik devra révéler certaines de ses sources, mais dans un cadre très précis lui permettant de ne pas divulguer d’informations concernant des sources autres que M. Butt.
« Il est très important que cette décision ait réduit le champ des informations demandées initialement par la police de Manchester en mars dernier, » a déclaré le Président de la FEJ Arne König, « La Cour a confirmé que la police n’aura pas le droit d’organiser de descentes chez des journalistes et d'avoir accès à toute l’information de ces derniers. Cependant, nous sommes toujours préoccupés par le manque de protection générale des journalistes au sens de la loi »
En effet la législation anti-terroriste britannique pose un problème pour le journalisme d’investigation sur les organisations terroristes. M. Malik est suspecté d’avoir enfreint la loi sur le terrorisme de 2000 dont le paragraphe 19 considère que la non divulgation d’informations sur le financement du terrorisme constitue un crime.
Dans ce cas précis, le suspect Hassan Butt a accepté lui-même de révéler son identité et de coopérer avec la police. M. Malik a fourni des informations ce lundi en estimant qu’il était inutile de poursuivre les démarches juridiques.
Pour plus d’informations: +32 2 235 22 15
La FEJ représente plus de 250000 journalistes dans plus de 30 pays d’Europe




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