10 juin 2008
Bulletin du Secrétaire Général
La nouvelle que Robert Mugabe, un spécialiste de la persécution des journaux et des journalistes indépendants, siège au sommet sur l'alimentation des Nations Unies alors que l'accès est refusé à un journaliste qui irrite des dirigeants iraniens despotiques devrait faire s'empourprer de honte bien des visages au siège des Nations Unies à New York.
Les NU critiquent avec raison le journalisme superficiel et l'incapacité des médias à couvrir la complexité des affaires mondiales dans ce domaine, mais le spectacle des NU se soumettant à des pressions leur demandant d'interdire l'accès à des journalistes indépendants venant de pays comme l'Iran et la Chine (ce qui vient après l'interdiction d'un an dont sont victimes les journalistes taiwanais à l'Assemblée mondiale de la Santé) ébranle la crédibilité des NU dans leur rôle de défenseur des droits de l'Homme.
Il est crucial que le Secrétaire Général des Nations Unies déclare sans ambages que les Agences des Nations Unies appliqueront une politique de la porte ouverte pour les journalistes sérieux, et ce même si certains états membres marquent leur désaccord.
Une bataille juridique extraordinaire entre un présentateur radio à la langue bien pendue et le Maire de Madrid suscite des questions quant aux normes éthiques dans les médias espagnols. Depuis presque quatre ans, Federico Jiménez Losantos, dont l'émission quotidienne exprime l'opinion conservatrice des propriétaires de la station de radio, la Conférence des Evêques Catholiques d'Espagne, lance des insultes bien senties ("bandit", "véritable escroc", "larbin" et autres termes du même acabit) à l'encontre du Maire Alberto Ruiz Gallardón, et l'accuse d'être impliqué dans des dissimulations dans le dossier relatif aux horribles attentats à la bombe de Madrid, qui ont causé la mort de plus de 200 personnes. Ses détracteurs estiment que Losantos essaie de détourner l'attention des erreurs de l'ancien Premier Ministre, José Maria Aznar, qui, immédiatement après l'attentat perpétré par les terroristes islamiques, a essayé d'en rejeter la responsabilité sur le groupement séparatiste ETA et a été un des plus ardents défenseurs européens de l'invasion en Irak.
Losantos a défendu sa position en disant que "dans une émission radio, il est très difficile de séparer les opinions et les faits."
Cette déclaration ne l'a pas rendu populaire auprès des représentants des journalistes. Selon Fernando Urbaneja, président de la FAPE, la Fédération des associations de journalistes, Losantos ne devrait pas être considéré comme un journaliste mais bien comme un agitateur politique. Le jugement du tribunal dans ce dossier du Maire contre Losantos, qui sera rendu plus tard, permettra de définir les limites éthiques du journalisme en Espagne.
Anciennement tout puissant, le ministère chinois de la propagande perd de sa superbe. Immédiatement après le tremblement de terre qui a dévasté la région du Sichuan, les médias du pays ont été prévenus de manière autoritaire que seuls les reporters des média officiels du parti pouvaient se rendre dans la région (CCTV, l'Agence Xinhua et le journal People's Daily).
Les journalistes travaillant pour d'autres médias ne s'en sont pas laissés conter. Utilisant divers stratagèmes - certains créant même des bureaux locaux fictifs - ils ont envoyé leurs propres correspondants. Le résultat ? Une couverture et une mobilisation de soutien nationale sans précédents. La presse étrangère a été ravie que la porte lui soit ouverte de cette manière. La Chine s'est félicitée de son ouverture le Ministère a gardé la tête basse et son visage rouge de honte loin des regards.
Ceux d'entre vous qui souhaiteraient laisser éclater leur frustration et leur colère quant à l'état du journalisme moderne apprécieront le site www.angryjournalist.com, un endroit pour se plaindre en bonne compagnie. Pour les autres, qui ont gardé un peu de bonne humeur, il y a http://happyjournalist.com/blog/2008/02/29/happy/#comments où vous pouvez exprimer ce que vous aimez dans ce métier. Ces sites ne sont malheureusement disponibles qu'en anglais pour le moment. Voilà encore une autre raison de pester.
Secretaire General







Commentaires :
Andy
12 juin 2008 à 18H10
Que s'est-il passé sur le site de la FIJ ? Depuis son "relooking", on remarque une sérieuse panne de nouvelles. Autrefois régulièrement remis à jour, cela ne semble plus être le cas. J'espère me tromper...
Si vous ne voyez pas un commentaire que vous avez ajouté c'est qu'il est en cours de modération ou a été rejeté.
Ajouter un commentaire :
Sur {SITE_NAME} vous pouvez exprimer votre opinion sur les contenus.
Cette section est modérée. Les textes ne sont publiés qu'après modération. {SITE_NAME} se réserve le droit de rejeter tout commentaire ne respectant pas la ligne éditoriale.