05 de enero de 2009

L'enquête dans l'affaire Tillack se clôture- mais qui fera le mea culpa ?

La Fédération européenne des journalistes (FEJ), le groupe européen de la Fédération Internationale des journalistes, en collaboration avec Journalists@your service tiendra une conférence de presse mardi 6 janvier à 15 h au Résidence Palace pour discuter des conclusions de la longue enquête sur les allégations de corruption contre Martin Hans Tillack, ancien correspondant à Bruxelles dans ' une affaire devenue célèbre concernant la protection des témoins.

L'enquête a été lancée à la suite d'une plainte déposée par l'office européen de lutte antifraude, contre Tillack, au sujet de la fuite de dossier secrets relatifs à un cas de corruption. La police avait alors effectué des perquisitions au domicile et au bureau du journaliste, une action qui a par la suite été sanctionnée par la Cour européenne des droits de l'homme.

«  C'est extraordinaire que la justice belge vient juste de clôturer l'enquête,  deux ans après le jugement de la CEDH et cinq ans après le dépôt de la plainte », a déclaré Aidan White, Secrétaire général de la FIJ  «  Il s'agit bien d'un cas de déni de justice. La police belge, les juges d'instruction, tout le système de justice en portent  une part de responsabilité, comme les autorités de la Commission européenne qui sont responsables de cette plainte ridicule et injuste. Mais alors, qui présentera des excuses à Tillack et aux journalistes basés à Bruxelles»?

La FEJ et les journalistes belges ont soutenu la demande de Tillack adressée au procureur belge Bruno Bulthe pour la remise du matériel confisqué lors de ces perquisitions illégales, plus de cinq après les faits.

 

Cette demande faisait suite au jugement de la Cour européenne des droits de l'homme en 2007 qui a condamné le gouvernement belge pour avoir agi de façon illégale en fouillant le domicile et le bureau du journaliste dans le cadre de la plainte déposée par la Commission européenne pour corruption et fuite de dossiers secrets.

Tillack avait été inculpé pour avoir payé, prétendument,  un fonctionnaire non identifié de l'UE 8000 euros en échange de certains dossiers confidentiels. La police avait alors saisi ses ordinateurs, carnets d'adresses, relevés de téléphones et d'autres documents, qui ont permis d'identifier son informateur au sein de l'administration européenne. En l'absence de  toute preuve, les accusations contre Tillack avaient été rejetées en Allemagne, pays d'origine de ce dernier, et l'affaire classée sans suite endéans quelques mois.

Les journalistes avaient dénoncé les mesures prises à l'encontre de Hans Martin Tillack qui travaillait à Bruxelles pour le journal allemand Stern comme étant une tentative de manipuler les éléments de preuve et de réduire au silence toute critique. Ils revendiquent toujours des garanties de la part de l'Union européenne contre pareils agissements envers des journalistes qui mènent des enquêtes légitimes et travaillent avec des informateurs dans l'administration de l'union européenne.

«  Cette affaire ne représente pas seulement un exemple du traitement injuste, mais une culture du secret qui cherche l'intimidation pour empêcher les journalistes de faire leur travail », a dit White.

Conférence de presse, 6 janvier, 15 h, Chambre Maelbeek, Résidence Palace, Bloc C Rue de la Loi, 155  B- 1040 Bruxelles

Intervenants :

Hans Martin Tillack et son avocat

Aidan White, Secrétaire général de la FEJ/FIJ

Pour plus d'information, veuillez contacter la FIJ au + 32 2 235 2207

La FIJ représente environ 600 000 journalistes dans 123 pays

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