16 February 2012

La FIJ interpelle les autorités tunisiennes après l'arrestation de trois journalistes pour atteinte aux moeurs

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a aujourd'hui exprimé sa préoccupation pour l'avenir de la liberté de la presse en Tunisie suite à l'arrestation de Nasreddine Ben Saida, directeur du journal tunisien Attounissia, de son rédacteur en chef Habib Guizani et du rédacteur de la section monde, Hedi Hidhri.

Ils ont été arrêtés mercredi sur ordre du procureur de la République pour atteinte à la morale publique après la publication dans le journal d'une photo de Sami Khedia, footballeur d'origine tunisienne qui évolue au Real Madrid, avec son épouse espagnole qui apparaît presque nue. Ils sont maintenus en détention pendant l'enquête, d'après un porte-parole du Ministère de la Justice, cité par la presse.

« L'arrestation de ces trois journalistes prouve qu'il existe toujours en Tunisie des forces opposées à l'avènement d'un journalisme indépendant  », a déclaré Jim Boumelha, le Président de la FIJ. « La publication d'une photo, même insolite en Tunisie mais   qui a fait le tour du monde, ne constitue nullement la promotion du style de vie du couple. Les accusations contre nos collègues sont infondées et nous exigeons leur libération immédiate ».

Les trois journalistes doivent comparaître aujourd'hui devant le juge pour être entendus sur les accusations d'atteinte à la morale publique, selon la presse.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), affilié à la FIJ, a également dénoncé l'arrestation des trois journalistes et a demandé leur libération, qualifiant leur détention d'abus de pouvoir. Le SNJT souligne en effet que les délits de presse sont régis non pas par le code pénal tunisien, mais bien par le décret 115 de novembre dernier relatif à la liberté de la presse, d'impression et de publication.

 

La FIJ invite les nouvelles autorités tunisiennes à respecter leurs engagements en faveur des principes fondamentaux des droits de l'homme, notamment la liberté de la presse, pour conserver les acquis de la révolution tunisienne qui a fait tomber le pouvoir de Ben Ali en janvier 2011.

 

« La liberté de la presse est l'un des piliers d'une société démocratique et tolérante », a ajouté M. Boumelha. « Les arrestations de journalistes pour le simple fait d'exercer leur profession librement risquent de décevoir beaucoup d'espoirs et remettre en question les intentions des autorités pour une nouvelle Tunisie ».

 

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Tunisie, Afrique, Monde arabe et Proche Orient, Communiqué de Presse

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